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Crédit Lyonnais : les contribuables doivent encore rembourser 4,5 milliards d'euros

La faillite du Crédit Lyonnais pèsera sur le budget jusqu'en 2014

La faillite du Crédit Lyonnais pèsera sur le budget jusqu'en 2014 - -

La France va à nouveau recapitaliser la banque Dexia pour éviter sa déconfiture totale. Mais le contribuable français doit encore débourser 4,48 milliards d'euros d'ici 2014 pour solder la débâcle du Crédit Lyonnais en 1993.

Une nouvelle fois, le contribuable va devoir payer pour les pertes de Dexia. Le gouvernement a annoncé, ce jeudi 8 novembre, une nouvelle recapitalisation de 5,5 milliards d'euros de la banque franco-belge spécialisée dans le financement des collectivités locales. Sur ce total, la part française atteindra 2,6 milliards, le reste revenant aux belges. Au total, la faillite de la banque devrait coûter plus de 18 milliards d'euros !

Dexia fait oublier que les contribuables français doivent encore rembourser, outre ces 2,6 milliards, 4,5 milliards d'euros au titre d'un autre gros candale bancaire : celui du Crédit Lyonnais.

Après des années de stratégie d'acquisitions coûteuses menée par Jean-Yves Haberer avec la bénédiction tacite de l'Etat-actionnaire, le Lyonnais accusait 130 milliards de francs de pertes en 1993 (soit 19,8 milliards d'euros).

Aucun crédit n'est prévu en 2013 pour rembourser

Or, l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR), crée en 1997 pour apurer le passif du Lyonnais, accuse encore une dette cumulée de 4,48 milliards d'euros, comme l'indique le récent rapport du vice-président de la commission des finances du Sénat, le socialiste Jean-Claude Frecon. Depuis la fin de 2010, cette dette s'est même accrue de 114 millions, rappelle-t-il.

Cette dette correspond au prêt souscrit par l'EPFR auprès du Lyonnais lui-même, à un taux très favorable. Officiellement, l'EPFR doit rembourser ce prêt avant la fin 2014. Problème : l'EPFR ne dispose plus d'aucun actif sérieux à vendre pour le faire. "En tout état de cause, il n'y a guère de doute que l'Etat assurera bien l'apurement des passifs du Crédit Lyonnais", estime le sénateur Frecon.

Curieusement pourtant, aucun crédit n'est prévu pour financer l'EPFR depuis 2011, comme le rappelait la Cour des comptes dans son rapport sur la gestion du budget 2011. Le projet de budget 2013 ne prévoit pas davantage de fonds publics. Le reveil risque donc d'être dûr en 2014 pour le contribuable.

Patrick Coquidé