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Couac gouvernemental autour des 3% de déficit

Pierre Moscovici estime possible un réexamen de l'objectif de déficit

Pierre Moscovici estime possible un réexamen de l'objectif de déficit - -

Pour Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, l'objectif de 3% de déficit en fin d'année ne serait pas tenu quand Jérôme Cahuzac, son collègue du Budget, affirme l'inverse. Quand à Pierre Moscovici, il évoque un possible "réexamen" de l'objectif.

Les réserves de la Cour des comptes, mardi 12 février, sur la possibilité pour la France d'atteindre l'objectif de 3% de déficit fin 2013 provoque aujourd'hui un petit couac gouvernemental.

A la sortie du Conseil des ministres, ce 13 février, Pierre Moscovici a évoqué un possible "réexamen" de cet objectif. "Nous pourrons le cas échéant si c'est nécessaire réévaluer, réexaminer, ces différents objectifs aussi bien en ce qui concerne la croissance que la réduction du déficit public", a affirmé le ministre de l'Economie. "Nous savons qu'ils sont difficiles, c'est l'évidence".

Quelques heures auparavant, Laurent Fabius avait estimé sur Canal +, qu'il était "probable" que la France ne tienne pas son objectif de ramener les déficits publics à 3% du PIB en 2013. "Par rapport à cela, il faut à la fois qu'on ne coupe pas ce qui reste de croissance, sinon ce serait une faute, mais en même temps qu'on soit sérieux et le mot d'économies fait partie du vocabulaire et de la panoplie", a-t-il ajouté, en réponse au rapport de la Cour des comptes.

Jérôme Cahuzac maintient l'objectif du gouvernement

Mais presque en même temps sur France Inter, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, affirmait que le retour aux 3% sera "très difficile" mais que l'objectif était maintenu par le gouvernement. "La probabilité d'atteindre cet objectif s'est amenuisée au fur et à mesure que la croissance pâlissait, non seulement en France mais plus généralement dans la zone euro et dans le monde", a-t-il déclaré. "Pour autant, on en reste là".

Mardi, François Hollande en réponse à la Cour des comptes avait affirmé : "En France depuis quelques mois, nous avons un objectif de vérité (...) C'est pourquoi nous réviserons notre objectif de croissance dans les prochains jours". En revanche, il n'avait pas évoqué l'objectif de réduction du déficit.

P. C. avec AFP