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Déficit : l'objectif des 3% va-t-il tenir encore longtemps ?

Pierre Moscovici pourrait revoir à la baisse l'objectif de déficit du gouvernement au printemps prochain

Pierre Moscovici pourrait revoir à la baisse l'objectif de déficit du gouvernement au printemps prochain - -

Officiellement, l'Exécutif compte toujours ramener le déficit public à 3% du PIB d’ici la fin 2013. Mais de plus en plus de voix y compris à gauche réclament un peu plus de temps pour ne pas casser la croissance.

"Il y a le feu". C'est ainsi qu'a averti, dimanche 27 janvier, l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, dans les colonnes du JDD. "La consommation est en panne à cause du chômage, l'investissement aussi puisque les perspectives sont nulles (…) et la dépense publique est contrainte par l’objectif de réduire les déficits".

"Il faut donc un autre calendrier pour les déficits(…) Aussi longtemps que nous n’aurons pas fait accepter à nos partenaires européens un ralentissement dans la réduction de la dette, nous serons sous contrainte", poursuit-il.

Michel Rocard invite donc clairement le gouvernement à repousser son objectif de réduction du déficit. L'exécutif compte, en effet, ramener le déficit public à hauteur de 3% du PIB d'ici 2013.

Michel Sapin a immédiatement réagi à ces propos sur Radio J, affirmant que Michel Rocard "aime le fracassant" . "Il a fallu mettre en place des programmes de réduction des déficits et aucune sirène ne doit nous détourner de cet objectif", a poursuivi le ministre du Travail.

Ce lundi 28 janvier, sur BFMTV et RMC, Najat-Vallaud-Belkacem, a confirmé : "la France pense que les 3% sont un objectif à tenir".

La croissance plutôt que l'austérité

Le gouvernement maintient donc coûte que coûte son objectif. Mais Michel Rocard est loin d'être le seul à tirer la sonnette d'alarme. Ainsi, vendredi dernier, Christine Lagarde, la directrice du Fonds Monétaire International (FMI), a prôné la croissance plutôt que l’austérité, au Forum de Davos.

Elle avait alors qualifié l’objectif français de réduction du déficit "d’extraordinairement ambitieux", invitant les Européens à décider "collectivement de prendre un peu plus de temps". Le FMI ne croit d’ailleurs pas que Paris puisse respecter son engagement, et table sur un déficit public français de 3,5% pour 2013.

Du côté de Bercy, Pierre Moscovici avait déclaré dans un entretien aux Echos, le 4 janvier, qu'il ne voulait pas renoncer "à notre volonté de revenir à 3% dès cette année". Seulement, dans la foulée, le ministre de l’Economie et des Finances avait précisé qu’en avril prochain, les Européens se réuniront pour évoquer leurs perspectives de croissances : "Le débat devra alors prendre en compte la situation de tous les Etats européens", avait-il affirmé.

Ce débat pourrait d'ailleurs s'engager au lendemain du 22 février. Ce jour-là, la Commision européenne présentera ses nouvelles perspectives de croissance en Europe. C'est en tout cas ce qu'a laissé entrevoir Najat-Vallaud-Belkacem ce matin sur BFMTV.

Julien Marion