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Comment l'État va indemniser les victimes de la Dépakine

Selon la ministre de la Santé, l'État va indemniser "sans chipoter" les victimes de l'antiépileptique Dépakine. (image d'illustration)

Selon la ministre de la Santé, l'État va indemniser "sans chipoter" les victimes de l'antiépileptique Dépakine. (image d'illustration) - Capture BFMTV

La ministre de la Santé, Marisol Touraine a confirmé que les victimes de l'antiépileptique Dépakine allaient être indemnisées, sans que l'État ne lève de taxe supplémentaire.

"Il faut que les victimes soient indemnisées rapidement et simplement. On ne va pas chipoter" a déclaré dimanche 4 septembre la ministre au "Grand Jury" RTL/LCI/Le Figaro, assurant que si l'État pense que "d'autres responsables sont en jeu, il se retournera contre eux." 

Le gouvernement a annoncé mi-août qu'un fonds d'indemnisation serait voté au Parlement d'ici à la fin de l'année pour les victimes de la Dépakine, un médicament sur la sellette depuis plusieurs années à cause d'un risque élevé de malformations congénitales et de troubles neurodéveloppementaux (autisme, retards intellectuels et/ou de la marche) chez les bébés de femmes ayant pris le médicament.

Taxer tous les produits de santé ne serait "ni juste, ni moral" 

Interrogée sur le financement de ce fonds, la ministre de la Santé a rejeté la solution préconisée récemment par le député socialiste Gérard Bapt qio proposait de collecter une taxe sur tous les produits de santé. Ce n'est "ni très juste, ni très moral" a-t-elle expliqué. 

Citant l'exemple de la responsabilité du laboratoire Servier dans le scandale du Mediator, Marisol Touraine a ajouté qu'elle est "pour que ceux qui sont responsables paient et pas pour que tout le monde mette au pot." Marisol Touraine a également précisé la mission confiée au début de l'année à deux magistrats concernant les modalités des indemnisations. 

Ces derniers vont notamment "se prononcer sur le mécanisme de l'indemnisation". En clair, déterminer "la date à partir de laquelle ont va considérer que l'information devait être donnée, c'est-à-dire à partir de laquelle les données scientifiques étaient bien connues". Les deux magistrats auront également pour tâche de se prononcer sur "les éventuelles responsabilités des uns et des autres."

La ministre n'envisage pas de retirer la Dépakine du marché 

La ministre a également reconnu que les autorités sanitaires avaient tardé à informer des risques encourus les femmes en âge de procréer et prenant de la Dépakine. Un médicament "très important et très utile" selon elle qu'il "n'est pas envisageable de retirer du marché."

"Ce qui est absolument nécessaire, c'est que les femmes soient informées" a-t-elle précisé, reconnaissant toutefois que "c'est ce qui a manqué jusqu'en 2010."

A.M. avec AFP