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Emplois non-pourvus: l'indemnisation proposée par Hollande existe déjà

Une des mesures annoncées par François Hollande pour lutter contre le chômage existe déjà.

Une des mesures annoncées par François Hollande pour lutter contre le chômage existe déjà. - -

Le président français a évoqué jeudi 20 juin des incitations financières pour régler les problèmes de mobilité liés au salaire. Mais l'Unedic indemnise déjà les écarts entre ancien et nouveau salaire.

François Hollande veut s'attaquer au problème des emplois non pourvus, qu'il appelle les emplois sans candidats. C'est l'une des annonces de la conférence sociale qui s'est achevée vendredi 21 juin. Jean-Marc Ayrault, lui, a fixé comme objectif de former 30.000 demandeurs d'emploi en quatre mois.

Dans le cadre de ce plan d'urgence, l'exécutif a également évoqué l'idée d'incitations financières pour combler les éventuels écarts de salaires. François Hollande propose que l'Etat se charge de compenser l'écart entre le salaire de l'emploi perdu et celui de l'emploi retrouvé. L'idée a surpris. Pourtant, ce dispositif existe déjà. C'est exactement ce que fait l'ADR: l'aide différentielle de reclassement.

Un dispositif peu coûteux

La philosophie est d'inciter par tous les moyens possibles au retour à l'emploi. C'est précisément celle qui prévaut déjà dans les dispositifs d'indemnisation chômage: tout est fait pour qu'il soit plus intéressant financièrement de travailler que de ne pas travailler.

Le principe de l'ADR est le suivant. Lors de la reprise d'une activité moins rémunérée que la précédente, un complément de salaire peut être versé. C'est l'Unedic qui s'en charge. Pour y avoir droit il faut réunir certaines conditions d'âge et de durée d'indemnisation.

En 2012, 7.500 demandeurs d'emploi en ont bénéficié pour un coût de 50,5 millions d'euros. Un dispositif qualifié de peu coûteux par une responsable de l'Unedic, pour qui "cela coûtera toujours moins cher que la poursuite de l’indemnisation des chômeurs concernés".

Reste à savoir si l'idée aujourd'hui est d'élargir ce dispositif ou d'en créer un nouveau, financé cette fois par l'Etat.

Isabelle Gollentz