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Brutal arrêt de la croissance du secteur privé français en septembre

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- - Ina FASSBENDER / AFP

Le ralentissement est à mettre sur le compte du secteur manufacturier, selon IHS Markit. L'indice composite (incluant les services) tombe au plus bas depuis quatre mois. En Allemagne, le secteur privé est carrément en contraction, une première depuis 2013.

C’est un coup de mou qui n’avait absolument pas été anticipé. La croissance du secteur privé en France a en effet été bien plus faible que prévu en septembre, montrent les résultats provisoires de l'enquête mensuelle réalisée par IHS Markit auprès des directeurs d'achat (PMI), après les bonnes performances du mois d'août.

L'indice composite, qui combine les données pour le secteur manufacturier et celui des services, s'affiche à 51,3 dans sa version "flash", alors que les économiste n'attendaient qu'un léger ralentissement à 52,7, après 52,9 en août.

Ce chiffre est le plus faible depuis quatre mois mais il demeure tout de même au-dessus de la barre de 50 qui dénote une activité en croissance (et en contraction en-deçà).

Le ralentissement provient essentiellement du secteur manufacturier, dont l'indice se fixe à 50,3 (consensus 52,7) contre 52,9 le mois précédent.

"La contraction enregistrée dans le secteur manufacturier a commencé à se propager, le secteur des services ayant affiché en septembre sa plus faible expansion depuis mai dernier. Toute accélération de cette tendance fera, sans nul doute, obstacle à la croissance du secteur privé français dans les mois à venir", commente dans un communiqué Eliot Kerr, économiste chez IHS Markit.

Allemagne : l'industrie au plus bas depuis 10 ans

L'indice des services résiste mieux, même s'il a baissé lui aussi plus que prévu, à 51,6 contre un consensus de 53,2 et après 53,4 en août.

Le recul face aux anticipations est également très brutal en Allemagne, premier pays européen exposé à la guerre commerciale sino-américaine, et sur le point d’entrer en récession.

L'activité du secteur privé en Allemagne s'est ainsi contractée en septembre pour la première fois depuis six ans et demi. Avec un indice PMI "flash" composite qui recule à 49,1 contre 51,7 en août. Il passe ainsi pour la première fois depuis avril 2013 sous le seuil de 50. Les économistes et analystes interrogés par Reuters prévoyaient un chiffre de 51,5.

Le sous-indice du secteur manufacturier allemand a plongé à 41,4, son plus bas niveau depuis plus de dix ans. Celui des services a reculé à 52,5 après 54,8 en août.

Des données médiocres qui devraient donner des arguments à ceux qui plaident pour une relance budgétaire outre-Rhin.

Le ralentissement de la croissance de l'activité est également sensible au niveau de la zone euro avec un indice composite à 50,4 (contre 51,9 en août) au plus bas depuis six ans dont un PMI flash manufacturier à 45,6 contre un consensus de 47,3 et 47,0 en août.

Pour Chris Williamson, économiste chez Markit, ces données laissent présager "une hausse trimestrielle du PIB de seulement 0,1%" dans la zone euro (contre +0,3% prévus en France).

"L'évolution des différentes variables de l'enquête semble annoncer une contraction de l'économie de la zone euro au cours des prochains mois", ajoute-t-il.

"La baisse du PMI composite de la zone euro en septembre confirme notre opinion selon laquelle la croissance économique dans l'union monétaire restera faible", estime également Jack Allen-Reynolds, analyste chez Capital Economics.

Olivier Chicheportiche avec AFP