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Barroso juge le budget de la France "gobalement positif"

José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, s'est montré satisfait du budget de la France, mais a fustigé les "déséquilibres économiques" de l'Allemagne.

José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, s'est montré satisfait du budget de la France, mais a fustigé les "déséquilibres économiques" de l'Allemagne. - -

Alors que la Commission européenne rendra son verdict sur les budgets des Etats européens vendredi 15 novembre, son président a jugé que celui de la France était "globalement positif". Mais avec des réserves sur la fiscalité.

Une fois n'est pas coutume, le gouvernement français ne devrait pas critiquer les déclarations de José Manuel Barroso. Le président de la Commission européenne s'est, en effet, déclaré satisfait par le projet de budget français pour 2014, lundi 11 novembre.

Avec toutefois une nuance concernant la fiscalité. "Aujourd'hui, la politique fiscale en France a atteint les limites de l'acceptabilité. La France est de loin le pays où les entreprises payent les impôts les plus élevés et ça c'est un problème pour la croissance et l'emploi", a ainsi affirmé le dirigeant européen sur LCI.

"Il faut réduire les dépenses publiques et d'ailleurs, pour être juste, le plan de budget pour cette année prévoit plus d'efforts pour la réduction des dépenses et pour l'augmentation des recettes et ça c'est positif", a-t-il ajouté.

Dans ces conditions, a-t-il souligné, "le budget présenté par la France est globalement positif".

L'Allemagne dans le viseur de Bruxelles

Vendredi 15 novembre, la Commission européenne doit, pour la première fois, donner son avis sur les budgets des Etats de la zone euro.

Concernant l'Allemagne, José Manuel Barroso a indiqué que la Commission allait "en principe" lancer, mercredi 13 novembre, une analyse des déséquilibres économiques de l'Allemagne, qui affiche depuis 2007 un excédent courant supérieur à 6% de son PIB. Lundi 11 novembre, le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, sur son blog, a appelé l'Allemagne à relancer sa demande intérieure pour favoriser la croissance européenne.

"Nous avons l'intention (...) de faire une analyse en profondeur, ce n'est pas une enquête dans le sens judiciaire du terme", a expliqué Barroso.

"Il y a des indicateurs sur les déséquilibres macro-économiques, c'est vrai que l'excédent de l'Allemagne est au-dessus de ce qui est normal", a-t-il dit.

Berlin est régulièrement attaqué pour sa dépendance envers les exportations et la faiblesse de sa demande intérieure. Comme avant eux le FMI et des pays européens, les Etats-Unis ont récemment repris le flambeau en fustigeant la politique économique allemande, sources de "déséquilibre.

"Il y a certains pays qui ont perdu des marchés d'exportation par exemple la France, l'Angleterre, l'Italie", a martelé José Manuel Barroso. "Il faut travailler ensemble pour nous rendre tous plus compétitifs".

Y. D .avec AFP