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Autotests: les obstacles à leur vente en supermarchés

Jérôme Salomon a ouvert la voie à la commercialisation d'autotests en supermarchés mais les pharmaciens s'y opposent. Par ailleurs, le remboursement de ces produits vendus en grandes surfaces n'est pas assuré.

Après les tests PCR et les tests antigéniques, voici les autotests. Déjà disponibles chez certains de nos voisins européens à l'instar de l'Allemagne ou du Portugal, ces tests antigéniques à réaliser soi-même détectent en 10 à 20 minutes la présence du Covid-19.

Sur notre antenne ce dimanche, Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, a ouvert la voie à une commercialisation "dès cette semaine".

"Ce sera assez facile d’accès. Le principe de l’autotest, c’est justement qu’on puisse l’avoir en famille. Ce sera en supermarchés ou en officines en tout cas, si c’est le plus facile, ça va être très facile à organiser", a-t-il assuré.

Le dossier est à l'étude dès lundi à la Haute Autorité de Santé (HAS) qui rendra un avis cette semaine. Si la fiabilité des tests est jugée bonne et que le "tracing" des cas positifs est assuré, leur disponibilité en pharmacie laisse peu de doute. Ce qui n'est pas le cas pour les supermarchés.

En Allemagne, Lidl et Aldi proposent déjà ces tests à faire soi-même dans leurs rayons. Ils sont disponibles en libre service, comme les masques, vendus environ 5 euros l'unité. Les distributeurs français espèrent bien leur emboîter le pas. C'est ce que réclament Dominique Schelcher, le président de Système U, et Michel-Edouard Leclerc.

Selon les entreprises qui commercialisent ces tests, leur fiabilité est de 80%, soit le seuil minimum pour qu'un test antigénique soit autorisé en France. "Il faut simplement s'assurer que les bons gestes soient maîtrisés", assure à BFMTV Xavier Guérin, président d'Innova Medical Group Europe, spécialisé dans leur production.

Les pharmacies opposées à la vente en supermachés

L'explosion de faux négatifs dûs à une mauvaise réalisation du test est le principal obstacle à la vente en libre service dans les supermarchés, selon les pharmaciens.

"Pour nous, l'autotest ne doit pas être vendu dans les grandes surfaces. Car il faut expliquer aux gens comment le faire, jusqu'où il faut enfoncer l'écouvillon. Et surtout, si on est positif, il ne faut pas oublier le tracing”, défend sur notre antenne ce lundi Jocelyne Wittevrongel, pharmacienne dans l'Indre et secrétaire générale du Syndicat des pharmaciens.

Sur franceinfo, Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens, abonde: "il faut que ce soit accompagné d’un message d’un professionnel de santé qui explique la limite de ces tests”.

Le "tracing" des cas positifs est une préoccupation majeure. Car rien ne garantit que quelqu’un qui se teste positif chez lui en informera son employeur, les éventuels cas contacts et l'Assurance maladie. Pour certains tests, le résultat s'affiche via une application sur smartphone, ce qui pourrait permettre de tracer les cas positifs. C'est l'une des réponses que devra apporter l'HAS cette semaine.

Les autotests seront-ils remboursés?

Reste aussi la question du remboursement. Sur ce point, Jérôme Salomon a indiqué dimanche sur notre antenne que "tout s'étudie" en fonction de "la réponse de la Haute autorité de Santé", alors que la France est "le seul pays où les tests sont totalement pris en charge".

Leur remboursement en pharmacie pourrait se faire sur le modèle des tests antigéniques et des tests PCR: il suffira de fournir sa carte vitale. Mais un remboursement en supermarchés paraît peu envisageable. Il supposerait que les enseignes lisent la carte vitale. En cas de commercialisation dans la grande distribution, il est donc probable que ces autotests soient payants et non remboursés. En Allemagne, ils sont vendus environ cinq euros l'unité.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech