BFM Business

Arnaud Montebourg: "PSA doit rester français"

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, était l'invité de BFMTV-RMC.

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, était l'invité de BFMTV-RMC. - -

Invité de BFMTV-RMC, le ministre du Redressement productif a évoqué le rapprochement entre le constructeur français et le chinois Dongfeng. Et n'a pas manqué de lancer une nouvelle pique à Xavier Niel, le patron de Free.

Arnaud Montebourg s'est montré catégorique: "La ligne rouge, c'est que PSA doit rester français". Invité de BFMTV-RMC, vendredi 13 décembre, le ministre du Redressement productif a évidemment évoqué les négociations entre PSA et le chinois Dongfeng, confirmées la veille par le constructeur français.

Mais il a refusé de s'avancer sur une éventuelle montée au capital de l'Etat. "Je ne peux pas vous répondre tant que les négociations sont en cours. Laissons les entreprises discuter entre elles", avant d'agir, a-t-il déclaré.

L'Etat ne veut pas de licenciements chez EADS

Interrogé sur le dossier EADS, qui a récemment annoncé vouloir supprimer 5.800 postes dans le monde, Arnaud Montebourg a rappelé que "nous (l'Etat) sommes actionnaires. C’est une entreprise qui a recruté 13.000 personnes l’an dernier, et réalisé sur les neuf derniers mois 1,2 milliard de profits". 

"Nous avons dit : puisque vous embauchez, si vous demandez à certains salariés dans la défense et le spatial de quitter leur poste, vous les réembauchez dans l’aéronautique civile. Nous ne voulons pas que cette entreprise qui a ses carnets de commande remplis pour sept années, licencie", a-t-il assuré.

Nucléaire: "je peux vous dire que les Chinois sont extrêmement contents"

En ce qui concerne le nucléaire, sujet sur lequel Arnaud Montebourg s'est attiré les foudres des écologistes, notamment en le qualifiant de "filière d'avenir", le ministre a botté en touche.

"J’ai toujours dit que nous avions, en France, une compétence reconnue dans la filière du nucléaire", s'est-il félicité. "Et même quand on aura diminué la part du nucléaire dans notre bouquet énergétique, il restera encore 50%, ce qui sera -encore- unique au monde."

Par ailleurs, "je peux vous dire que les Chinois sont extrêmement contents de la technologie française d’Alstom, Areva et EDF", s'est-il réjoui.

"M.Niel est devenu milliardaire, tant mieux pour lui"

Arnaud Montebourg est ensuite revenu sur la polémique qui l'a opposé à Xavier Niel, le patron de Free. "On peut défendre le pouvoir d’achat, comme le fait le gouvernement, on peut soutenir la concurrence comme moyen d’éviter les ententes, la rente, etc. ce qui était le cas des opérateurs historiques et qui ont été condamnés pour ça. Mais quand on passe d’un excès à l’excès inverse, il est normal qu’un ministre qui s’occupe de l’industrie veille à éviter que le balancier aille trop loin", s'est il justifié.

"Ce que je reproche à Xavier Niel, ce n’est pas d’être ce qu’il est, c’est d’aller trop loin. Moi je les gère les plans sociaux, qui sont la conséquence de la course vers le low cost!" s'est-il exclamé, rappelant que "nous avons tout de même 30 milliards à investir dans la fibre, sur tout le territoire".

"M. Niel est devenu milliardaire, tant mieux pour lui, mais si c’est au détriment des chômeurs, je ne crois pas que ce soit la meilleure méthode", a-t-il lancé.

Y. D.