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Devenir astronaute, un rêve plus accessible que vous ne le pensez

L’agence spatiale européenne a lancé sa nouvelle campagne de recrutements qui vise à recruter au moins 4 nouveaux astronautes ainsi qu’une vingtaine de "réservistes". Avec quelques nouveautés dont un accès possible aux personnes handicapées physiques.

5, 4, 3, 2, 1 décollage. L’agence spatiale européenne a officiellement lancé ce mardi sa nouvelle campagne de recrutement qui va durer près d'un an. La dernière datait de 2008. Et en une douzaine d’années, les mentalités ont évolué. La quête de diversité est désormais à l’ordre du jour. Pour preuve, l’agence spatiale européenne a décidé de ne plus exclure d’office les candidats présentant des handicaps physiques.

Aucune des autres agences spatiales dans le monde n’avait jusqu’alors remis en cause le dogme de la prise minimale de risque. "Nous lançons une étude de faisabilité." explique Guillaume Weerts, patron de la médecine spatiale et figure centrale de cette campagne de recrutement.

Pas de quotas

N’ayant aucune expertise sur le sujet, l’Agence spatiale européenne a notamment regardé comment le comité paralympique international classait les handicaps. Et une catégorie a été retenue: "Il s’agit des personnes qui ont une déformation ou un handicap au niveau d’un membre inférieur unique ou bilatéral, de préférence en dessous du genou, et des personnes de petite taille" précise Guillaume Weerts.

Cette remise en cause des dogmes antérieurs n’assure pas l’intégration, dès l’an prochain, d’un "parastronaute" parmi les nouvelles recrues. Pas question en effet d’imposer des quotas. La diversité doit infuser sans s’imposer. "Dans le passé, les femmes représentaient 10% des candidatures. En 2008, c’était 15,6%" souligne Claudie Haigneré, première femme astronaute européenne. Une femme sur six parmi les candidats et, au final, une femme sur six parmi les recrutés. Le meilleur moyen de féminiser davantage la profession serait donc d’augmenter le nombre de candidates.

Nous ne cherchons ni des superman, ni des superwoman

L’agence ne cherchera pas à recruter coûte que coûte au moins une femme parmi les quatre astronautes ayant franchi toutes les étapes de son long process de recrutement. Pas plus pour les nouveaux "pros" d’ailleurs que pour la vingtaine de réservistes qu’elle entend intégrer. Le seul "équilibrage" envisagé porte sur les nationalités de cet ensemble élargi. "Dans son choix final, le directeur général fera attention à l’équilibre entre les pays représentés" souligne Didier Schmitt, expert en exploration robotique et humaine au sein de l'Agence et partie prenante du processus de recutement.

L’important est d’avoir le bon profil: une formation initiale scientifique (Bac +4 au minimum) et une expérience professionnelle d'au moins trois ans, que ce soit comme pilote d'essai, chercheur doctorant dans un laboratoire ou médecin...

"Il faut aussi un excellent niveau d'anglais mais le russe n'est pas nécessaire car il peut être appris durant la formation" précise Zineb Elomri, en charge du recrutement à la direction des ressources humaines.

Et pour montrer son ouverture d’esprit, l’agence spatiale européenne insiste sur le fait qu’il n’y a presque pas d’âge pour réaliser son rêve. Toute personne de moins de 50 ans pourra se porter candidate. "Je vais briser un mythe: nous ne cherchons ni des superman, ni des superwoman, mais des gens qualifiés pour le job" insiste Guillaume Weerts. Des astronautes qui ne doivent pas non plus rêver de gagner des fortunes. En dépit des risques qu’ils prennent et de l’abnégation qu’impose leur engagement professionnel, les astronautes professionnels gagnent entre 5 et 10.000 euros par mois. Un peu moins qu’un pilote de ligne.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco