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Craignant d’être contaminés dans le train, les Français vont-ils se ruer sur la location de voiture ?

Les Français qui louent un voiture pour le week-end ou les vacances se décident au dernier moment.

Les Français qui louent un voiture pour le week-end ou les vacances se décident au dernier moment. - Sixt

La SNCF fait face à un faible niveau de réservations dans ses trains en juillet et en août. Et les loueurs de voitures? Pour le moment, leur activité reste bien inférieure à celle de l'année dernière à la même époque. Mais les Français se décident au dernier moment. Donc, pour eux, tout est possible.

La SNCF se désespère. Elle espérait remplir ses trains cet été après presque trois mois d’activité au ralenti. Il n’en est rien. Les réservations restent à un niveau désespérément bas tant en juillet qu’en aout. Les Français auraient-ils peur d’être contaminés par le coronavirus? Pour le moment en tout cas, l’alternative au train la plus sûre, la location de voitures, ne fait pas plus le plein.

"La clientèle est très attentiste: les réservations pour le week-end se font à la dernière minute, parfois le vendredi après-midi pour le soir même" souligne-t-on chez Enterprise Rent a car qui, pour le moment, n’a retrouvé que 75% de son activité habituelle. L'inquiétude est également de mise chez Europcar. Robert Ostermann, le directeur général de la filiale française, déplore l’absence des vacanciers américains, asiatiques, israéliens, du Golfe, qui assurent l’essentiel des locations, lorsque la clientèle affaires est en pause estivale. "On enregistre juste pour cet été un nombre plus important de locations de trois semaines voire un mois : des clients qui visiblement veulent éviter de prendre le train" souligne Robert Ostermann.

Plus de clients français chez Avis

Certains loueurs font tout de même preuve d’optimisme. "Depuis l’annonce de la levée du confinement, les prises de réservations ont augmenté de 120% et elles concernent uniquement des Français qui vont louer en France cet été » assure Laurent Sculier le président d’Avis Budget Group France et Benelux qui estime que "cette tendance devrait s’accentuer dans les semaines à venir".

Même son de cloche chez Sixt. Jean-Philippe Doyen, le PDG de la filiale française de ce groupe allemand souligne que tout le réseau français est ouvert et que ses performances commerciales sont meilleures que la moyenne de ses concurrents: "On ne peut pas dire qu’on soit revenu à une situation normalisée, nous avons toujours moins de visibilité que d’habitude, mais on enregistre plus de réservations de clients français." relève-t-il.

Sixt va continuer à investir

Sixt veut d’ailleurs profiter de la crise pour gagner des parts de marché sur ses concurrents. En 2019, le groupe a en effet affiché des résultats records avec un chiffre d’affaires en hausse de 12,9% à 3,31 milliards d’euros. "Nous ne sommes pas confrontés aux problématiques de restructuration et de plans sociaux auxquelles font face certains de nos concurrents. Nous pouvons investir. Nous allons par exemple multiplier par cinq les achats de voitures électriques" souligne Jean-Philippe Doyen.

Les professionnels de location de voiture reconnaissent en tout cas, qu’au-delà de cet été, l’épidémie pourrait changer la donne pour leur activité. "Certains disent que les déplacements professionnels vont se réduire au profit des visioconférences mais d’un autre côté, on peut penser que la mobilité individuelle sera préférée par les voyageurs qui ne voudront plus prendre les transports en commun" relève le PDG de Sixt France. Pour l’heure, il est donc difficile de savoir si le coronavirus aura finalement été, pour les loueurs, une aubaine ou un coup dur.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco