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Sanofi pourrait débaucher le patron de Bayer

Serge Weinberg lors de la présentation des résultats de Sanofi ce jeudi 5 février

Serge Weinberg lors de la présentation des résultats de Sanofi ce jeudi 5 février - Eric Piermont - AFP

Olivier Brandicourt, le PDG du laboratoire Bayer, serait l'un des mieux placé pour diriger le géant pharmaceutique Sanofi, selon Bloomberg.

Sanofi a-t-il enfin trouvé un successeur à Chris Viebacher? Selon Bloomberg ce vendredi 13 février, Olivier Brandicourt, l'actuel patron de Bayer AG santé et soin, serait favori pour diriger le géant de la pharmacie, sans patron depuis fin octobre.

L'agence cite une source proche du dossier, selon qui Olivier Brandicourt serait actuellement en train de négocier son départ. Mais il dépend d'obligations contractuelles, et les entreprises concernées ne sont pas encore parvenues à un accord, si bien que Sanofi continue d'étudier d'autres candidatures. 

Sanofi, qui avait inquiété les marchés au moment du limogeage de son PDG, a retrouvé les faveurs des investisseurs à l'occasion de la publication de ses résultats le 5 février dernier. 

Le groupe a convaincu avec des chiffres plutôt bons, un bénéfice net par action en hausse de 3% pour 2014, à 5,2 euros, et un chiffre d’affaires en progression de 2,5% à 33,8 milliards d'euros. C’est particulièrement sensible sur le quatrième trimestre de l’année où le groupe a dégagé un résultat net global d’1,3 milliard d’euros, ce qui représente une progression de 26% sur un an.

C’est surtout l’activité vaccin et Genzyme, sa filiale de recherche biotech qui sont les principaux artisans de cette bonne performance.

Les ventes de Sanofi Pasteur ont progressé de 16% au dernier trimestre 2014 à 2 milliards d’euros, et très belle progression pour Genzyme à +22% pour 746 millions d’euros. Malgré tout, les difficultés rencontrées sur le marché américain des médicaments contre le diabète, point noir depuis plusieurs mois dans les perspectives de Sanofi, risquent de se prolonger.

Un nouveau patron avant fin mars

Du coup, le bénéfice par action du groupe est attendu stable ou en légère progression pour 2015, avec un impact de changes positif de 4 à 5%. Mais tout ceci était plus ou moins attendu par le marché, qui n’avait qu’une question aux lèvres: où en est le processus de désignation d’un nouveau directeur général? Depuis l’éviction de Chris Viehbacher fin octobre, les investisseurs ont besoin de savoir Sanofi avec un maître à bord et un cap précis.

La figure tutélaire de Serge Weinberg comme président par intérim, valeur sûre du capitalisme français, a rassuré dans un premier temps sur la continuité stratégique, mais le monde économique a besoin d’avoir un nouveau visage à mettre sur Sanofi.

Le processus est en bonne voie, avait dit le groupe, qui promet d’un successeur sera désigné avant la fin du trimestre en cours. Le marché aura sans doute besoin d’un grand nom ou d’un signal fort, tant Chris Viehbacher aura transformé profondément le groupe pour en faire un des plus grand innovateurs du monde pharmaceutique, et sans doute un des plus rentables.

Antoine Larigauderie