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Que feront les facteurs dans quelques années?

Les Français attendent plus de leur facteur.

Les Français attendent plus de leur facteur. - -

Les résultats de la consultation des usagers de La Poste ont été publiés ce 9 janvier. Ces derniers attendent de leur facteur qu'il leur fournisse de nouveaux services, comme la livraison de médicaments.

Pas question de suivre l'exemple canadien et de supprimer le facteur. En France, au contraire, on veut renforcer son rôle. C'est ce qui ressort des conférences citoyennes organisées depuis novembre par La Poste.

Les conclusions (ci-dessous) étaient rendues ce jeudi 9 janvier, en présence du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui formulera des annonces à ce sujet à l'issue du conseil des ministres du 29 janvier prochain.

Les citoyens consultés étaient répartis en trois groupes, un d'habitants de milieu rural, un autre de citadins, et un dernier réunissant des entrepreneurs, pour connaître les différents services qu'ils attendent de La Poste dans les prochaines années.

Réduire la distribution de courrier

Ces trois groupes sont d'accord pour "réduire la distribution de courrier", activité très déficitaire, à cinq jours sur sept, contre six sur sept actuellement, en supprimant le samedi ou le lundi. Certains préconisent même une distribution un jour sur deux.

Mais "l'enjeu clé pour la stratégie de La Poste", selon son patron Philippe Wahl, ce sont "les nouveaux services des facteurs". Les usagers réclament un élargissement de son rôle. Il pourrait ramasser les colis et le courrier à envoyer lors de sa tournée. Ou fournir un service de coursier -payant- notamment pour livrer des médicaments à domicile. 

Les citadins estiment encore que les facteurs pourraient apporter de l'argent liquide aux personnes, ou fournir des prestations d'assistance administrative à domicile. Certains proposent même qu'ils se chargent de la surveillance des personnes vulnérables via un "contact personnel régulier".

Bureaux de poste transformés en pépinières d'entreprises

L'idée n'est pas non plus de charger les facteurs de tout type de service de proximité, ou de ceux réalisés en préfecture ou en mairie. Les usagers tiennent à ce que le cœur de métier de La Poste reste la livraison et l'acheminement.

Les entrepreneurs appellent quant à eux La Poste à "mettre une partie de son épargne au service des micro-projets à un niveau local", ou encore à "louer plus facilement ses locaux inoccupés à des micro-entreprises, qui deviendraient alors des pépinières d’entreprises".

Plus globalement, tous les usagers sont attachés au statut public de La Poste, mais ils déplorent le manque de marge de manœuvre qui en résulte. En particulier sur le nombre de "points de contact" (bureaux de poste et commerces chargés de remplir certaines de ses missions), fixés par l'Etat à 17.000. Les clients estiment qu'il pourrait y en avoir moins, mais avec une plus grande amplitude horaire, et plus de services fournis dans chacun d'eux.

Nina Godart