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La Poste se lance dans l'impression 3D

Une coque d'iPhone personnalisée et imprimée en 3D par Sculpteo au CES 2012 de Las Vegas.

Une coque d'iPhone personnalisée et imprimée en 3D par Sculpteo au CES 2012 de Las Vegas. - -

Le groupe propose dans trois de ses bureaux de poste, à partir de ce 27 novembre, des imprimantes 3D en libre-service. Un service qui sera expérimenté pendant 6 mois, et qui intéresse déjà les professionnels.

La diversification de La Poste la mène aujourd'hui loin, très loin du traditionnel courrier. Le groupe expérimente, à partir de ce mercredi 27 novembre dans trois de ses bureaux, des imprimantes 3D, une phase de test qui durera six mois avant un éventuel déploiement massif. L'objectif: faire connaître cette technologie que les industriels utilisent déjà au grand public, et devenir un acteur de son développement en France.

Pour cela, elle a noué un partenariat avec Sculpteo, une start-up qui met au point des imprimantes 3D, c'est-à-dire des "machines à fabriquer tout type d'objets en trois dimensions, dans différents matériaux", explique son président fondateur Éric Careel. Cela peut-être du plastique, des métaux, de la céramique… "Une révolution industrielle à venir", selon lui.

La Poste aussi en est convaincue. Les premières expérimentations la confortent dans cette idée. "Ce matin à Boulogne Billancourt (l'un des bureaux test, ndlr), des contrats ont déjà été signés, plusieurs personnes intéressées sont venues poser des questions, principalement des professionnels plutôt que des particuliers", souligne le porte-parole de La Poste, Jacques Gourier.

Deux heures pour imprimer un porte-clé

Un graphiste qui a dessiné une bague et voulait savoir "quel matériau était le plus adapté à sa fabrication, en termes de compétitivité et de qualité", a notamment poussé les portes du bureau boulonnais, raconte Fabien Monsallier, le directeur de l'innovation chez La Poste, qui y passe la journée.

Les employés de La Poste sur place fournissent justement les deux services: d'abord du conseil, pour concevoir son objet, en créer le "plan" dans un format qui peut être imprimé en 3D. Ensuite la conception: la création du prototype grâce à l'imprimante en libre-service. Il faudra veiller à avoir du temps devant soi: "l'impression" d'un porte-clés prend deux heures.

Concepteurs d'objet en grande série, ne comptez donc pas sur La Poste pour remplacer votre usine sous-traitante. D'autant que les prix proposés dans son catalogue sont prohibitifs pour une production à gros volumes: comptez 30 euros pour une coque de smartphone.

Eux ont une autre idée pour faire du business avec La Poste: parmi les visiteurs ce matin à Boulogne, deux jeunes créateurs de start-up. Ils développent actuellement une plateforme informatique sur lesquels les designers pourront proposer leurs modèles d'objets -vaisselle, porte-carte, etc.- au format adéquat pour être imprimé en trois dimensions. Les particuliers n'auront donc plus qu'à faire leur choix pour acheter le modèle qui leur plaît, et aller l'imprimer grandeur nature… à La Poste!

Le titre de l'encadré ici

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L'impression 3D expliquée par le patron de Sculpteo

> Une technologie efficiente depuis 2009, utilisée dans l'industrie aéronautique, la médecine, l'automobile…

> Une réalité économique: des pare-chocs pour voitures, des tasses, des implants dentaires, des implants auditifs, sont produits par imprimante 3D

> Plusieurs technologies "d'impression". L'une d'elle consiste à superposer des couches de poudre du matériau dont on veut que soit fait l'objet, et un rayon laser vient chauffer les parties qu'on veut solidifier. Il ne reste plus qu'à enlever la poudre superflue, et l'objet est là

Nina Godart