BFM Business

Le timbre ne rapporte plus grand-chose à La Poste

Le prix du timbre a beau augmenter, il rapporte de moins en moins à La Poste

Le prix du timbre a beau augmenter, il rapporte de moins en moins à La Poste - -

La Poste a annoncé ce 16 novembre que le prix du timbre allait augmenter de 2,8% en moyenne au 1er janvier. L’occasion de se demander combien pèse désormais le courrier timbré dans les revenus du groupe.

Le prix du timbre postal augmente encore. De 2,8% au 1er janvier 2013, a annoncé La Poste ce vendredi 16 novembre. Au 1er juillet 2011 déjà, le prix du timbre était passé de 0,58 euro à 0,60. Et avait déjà augmenté de deux centimes deux ans auparavant. En cinq ans, l’augmentation est de plus de 10%. Pour autant, il rapporte de moins en moins à La Poste.

La part de chiffre d’affaires générée par les lettres timbrées n’a fait que décroître sur cette période. La faute à la baisse de volume de courrier.

Aujourd’hui, la part des lettres timbrées dans l’activité Courrier (un des quatre métiers de La Poste avec le Colis/Express, La Banque Postale et l’Enseigne La Poste) est faiblarde : c’est seulement 10% du volume total de courrier envoyé. En 2011 : 2 milliards de plis sur 16 milliards de courriers adressés. Le reste correspond au "courrier envoyé par les entreprises, qui bénéficient de tarifs spécifiques", explique David Drujon, porte-parole de La Poste.

Le timbre : un vingtième du chiffre d'affaires de la Poste

Le timbre, c’est donc en 2011, "1,5 milliard d’euros dans les caisses du groupe, indique David Drujon, pour 11 milliards de chiffre d’affaires de l’activité courrier". Et ramené au résultat global de l’entreprise, d’un peu plus de 20 milliards d’euros en 2011, c'est minime.

En cause : la baisse de volume des missives inter-personnes. Assez étonnamment, l’envoi de courrier postal n’a commencé à reculer notablement qu’en 2008, selon David Drujon. Les premières messageries sur internet, apparues avant le début des années 2000, auront donc mis dix ans à grignoter des parts de marché à la lettre traditionnelle.

Entre 2008 et 2011, précise David Drujon, "le volume de vente de timbre a baissé de 12%". Une baisse globale, qui concerne les trois types de timbres que commercialise La Poste: la lettre prioritaire, la lettre verte, et l’écopli. Le prix du timbre classique, la lettre prioritaire, a eu beau augmenter de 0,56 euro à 0,63, ça n’a pas empêché le chiffre d’affaires de l’activité courrier de se tasser de 10% sur la même période.

Parce que le désamour pour la correspondance ne concerne pas que les particuliers. Pour preuve : "la proportion de plis inter-personnes dans le courrier total n’a pas varié depuis 2008", affirme David Drujon. Les entreprises aussi ont réduit drastiquement leurs envois de courrier. En particulier les opérateurs téléphoniques et bancaires, dont les factures ou relevés de comptes sont désormais envoyés sur des espaces clients dématérialisés. Le secteur public également, en pleine recherche d’économies, a maintenant tendance à favoriser l’envoi d’emails.

Nina Godart