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Prix du beurre en hausse: risque-t-on une nouvelle pénurie?

Les boulangers s'inquiètent d'une nouvelle crise du beurre. (image d'illustration)

Les boulangers s'inquiètent d'une nouvelle crise du beurre. (image d'illustration) - Guillaume Souvant - AFP

La nouvelle hausse des prix du beurre et ses possibles conséquences pour les entreprises du secteur effraient les boulangers, un an après la dernière crise.

"Les cours du beurre s'envolent et les prévisions ne sont pas bonnes, elles sont même pires qu'en 2017", s'inquiète Mathieu Labbé, délégué général de la Fédération des entreprises de boulangerie. "Nous ne voulons pas que la crise devienne la norme", ajoute-t-il. 

À l'automne dernier, un déséquilibre entre l'offre et la demande sur l'ensemble du marché du beurre avait fait flamber les prix. Les industriels avaient dû augmenter leurs tarifs, et des pénuries de beurre étaient constatées dans la grande distribution. Les prix avaient frôlés 7000 euros la tonne de beurre en septembre 2017.

Selon Mathieu Labbé, la hausse des tarifs du beurre advient encore "plus tôt" dans l'année en 2018. Les prix sont près de deux fois supérieurs à la même période en 2015 et 2016, et 25% supérieurs à la même époque de l'année dernière. "Au 22 avril, la tonne de beurre était à 5650 euros la tonne, contre 4500 euros la tonne à la même date en 2017", détaille-t-il.

Éviter l'effondrement des marges 

Si des hausses modérées ont bien été acceptées lors des négociations commerciales avec la grande distribution, qui se sont achevées fin février, "elles se révèlent déjà insuffisantes", selon un communiqué de la Fédération. Elle en appelle donc "à la responsabilité de tous les acteurs de la filière, et notamment les acteurs de la grande distribution et de la restauration, pour que les fabricants puissent rapidement répercuter dans leurs prix cette hausse".

Il y a quelques mois, lors des États généraux de l'alimentation, tous les acteurs économiques (producteurs, transformateurs, distributeurs) ont accepté de signer une charte d'engagement. Une des mesures phares, pour les industriels, est de pouvoir répercuter la fluctuation des prix des produits bruts à chaque maillon de la filière, rappelle le texte.

Les producteurs de produits de pâtisserie et de viennoiserie, à forte teneur en beurre, veulent "éviter l'effondrement des marges atomisées par cette hausse, et assurer sur le court et le moyen terme leur approvisionnement en matière première pour éviter l'arrêt des lignes de production".

A.M. avec AFP