BFM Business

Printemps: la vente aux Qataris suspendue par la justice

La procédure d'information va devoir reprendre.

La procédure d'information va devoir reprendre. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La cour d'appel de Paris a ordonné, ce mardi 11 mars, la suspension "des effets de la cession" du grand magasin à un fonds qatari. La procédure n'aurait pas été respectée par l'acquéreur.

L'affaire n'en finit plus. Alors qu'en juillet dernier, les Qataris pensaient avoir enfin racheté Le Printemps, la cour d'appel de Paris a rendu un arrêt, le 10 mars, que l'AFP s'est procuré ce 11 mars, qui acte la suspension des "effets de cette cession".

Elle a constaté que "la procédure d'information et de consultation n'était pas conforme", et "enjoint à la société du Printemps de reprendre la procédure" dans les huit jours, a affirmé Bernard Demarcq, le porte-parole de l'intersyndicale, confirmant une information du site Mediapart.

Montage financier en question

Les représentants des salariés avaient saisi la justice pour contester la procédure de consultation lancée par le groupe Borletti avant la cession aux Qataris.

Ils estimaient que le comité central d'entreprise n'avait pas été suffisamment informé des modalités de la cession, notamment sur l'identité de l'acquéreur, le montage financier et le montant de divers commissionnements. Ils considéraient en outre que l'opération entraînerait 226 suppressions d'emplois. 

Déboutés en première instance, ils avaient décidé de faire appel. La Cour vient de leur donner raison provisoirement.

Une transformation radicale

Divine Investments, société d'investissements luxembourgeoise détenue par des intérêts privés du Qatar, a racheté les 70% de participation de la Deutsche Bank dans le Groupe Printemps, et les 30% restants que détenait la société italienne Borletti.

La vente a été finalisée le 31 juillet, juste après le feu vert de l'autorité de la concurrence française. Le nouveau propriétaire prévoyait de transformer radicalement le magasin-amiral du Printemps, qui devait devenir un temple du luxe dédié au très haut de gamme pour attirer la riche clientèle étrangère.

Le Parquet de Paris a en outre ouvert une enquête, après une plainte des élus du personnel, pour enquêter sur des montages financiers qu'ils jugent "très opaques".

D. L. et N.G. avec agences