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Pourquoi les cinémas ont-ils obtenu le droit de vendre du pop-corn?

Avant leur réouverture, le gouvernement avait signifié au secteur l'interdiction de manger dans les salles obscures pour éviter que les masques tombent. Finalement, les boutiques de confiseries sont ouvertes. Explications.

C'est un bras de fer qui semble finalement avoir tourné en faveur des cinémas. Début mai, juste avant la réouverture des salles obscures, le gouvernement précisait que le port du masque serait obligatoire pour les spectateurs en tout lieu et à tout moment.

Ce qui avait pour conséquence le maintien de la fermeture des stands à confiseries, qui vendent glaces et autre pop-corn et de tout autre boutique alimentaire. Le gouvernement justifiait cette décision en mettant en avant les conditions sanitaires. Le but était d'empêcher les spectateurs d'enlever leurs masques dans les salles pour déguster leurs friandises.

Surprise néanmoins depuis le 19 mai, dans certains cinémas, notamment les multiplex, ces espaces sont bel et bien ouverts. Interrogé par BFM Business, le ministère de la Culture confirme.

"Les cinémas sont autorisés à vendre de la nourriture à leurs clients. Pour la restauration, la règle qui s’applique aux cinémas est la même que celle qui s’applique aux restaurants: possibilité de faire de la vente à emporter, comme pour les autres commerces ; pour la consommation sur place, possibilité de consommer sur les espaces extérieurs seulement (terrasses) pendant la première phase de réouverture ; puis ouverture à la consommation dans les espaces intérieurs à compter du 9 juin". 

48% des spectateurs français avaient acheté à manger ou à boire lors de leur dernière séance de cinéma

Il semble que le lobby intensif du secteur ait payé. Dans les négociations avec la rue de Valois, la filière a mis en avant la rupture d'égalité avec le secteur de la restauration qui effectivement est autorisée à vendre à emporter et à accueillir des clients en terrasse.

Selon nos informations, les cinémas voulaient également obtenir la possibilité de consommer dans les salles mettant en avant le cas de la SNCF où les voyageurs sont autorisés à manger à leur siège.

Il faut dire que les enjeux financiers et le manque à gagner sont importants. Selon une étude, en 2018, 16% de leurs revenus étaient issus des boissons et des confiseries. C'est bien moins qu'aux Etats-Unis (40%) mais ce chiffre progresse année après année.

Selon une autre étude, cette fois de 2019, 48% des spectateurs français avaient acheté à manger ou à boire lors de leur dernière séance de cinéma (contre 73% aux Etats-Unis) et un sur trois du pop-corn. Mais chez les jeunes de 15 à 24 ans, ce taux se hisse à 65%.

La Fédération nationale des cinémas français conteste cette vision et le poids financier des confiseries dans les salles. Et de souligner se conformer strictement aux règles en vigueur tout en rappelant que cette situation n'est que temporaire puisque dès le 9 juin, tout devrait être autorisé.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business