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Pourquoi certains restaurateurs refusent les tickets resto

S'ils sont utilisés comme moyen de paiement par quatre millions de salariés en France, ces tickets (ou désormais cartes) sont loin d'être profitables pour les restaurateurs.

Vers une grève des tickets resto? C'est en tout cas le souhait de Xavier Denamur, restaurateur parisien qui possède cinq établissements dans le quartier du Marais. Habitué des coups de gueule médiatique, ce chef d'entreprise refuse depuis 2019 le paiement en tickets resto et appelle les autres restaurateurs à suivre l'exemple. En cause: les commissions des sociétés émettrices de titres restaurants et le délai de remboursement qui atteint, en moyenne, 21 jours.

Une situation qui s'est amplifiée depuis la fin du confinement. Alors que les salariés ont accumulé les tickets ou les sommes sur leur carte, le déplafonnement de 19 à 38 euros a multiplié les transactions. En parallèle, les entreprises émettrices n'ont pas souhaité baisser leurs commissions.

Edenred se défend

Concrètement, les tarifs des acteurs historiques (Edenred, Sodexo, UP et Natixis Intertitres) varient notamment en fonction du délai de remboursement souhaité par le restaurateur. Par exemple, le taux de commission appliqué par Sodexo pour un remboursement sous trois à cinq jours est compris entre 4% et 4,99% du montant des transactions alors qu'il n'est "que" de 1,55% ou 2,05% pour un remboursement sous 21 jours. Même chose chez le leader Edenred qui réclame une commission de 4,9% pour un remboursement express et 1,7% pour un délai allongé de trois semaines.

De leur côté, les sociétés émettrices balayent les critiques. "Au cours de derniers mois, on a décidé de rembourser plus vite" assure Julien Tanguy, directeur général d'Edenred France sur BFMTV.

Quant aux commissions, il les justifie par le rôle de l'entreprise: "notre métier est d'être apporteur d'affaires" et non simple outil de transaction. Enfin, il souligne que les tarifs des opérateurs sont publics et que chaque restaurateur peut donc faire jouer la concurrence.

Sauf que les quatre entreprises historiques (Edenred, Sodexo, Natixis Intertitres et Up) ont été durement sanctionnés, fin 2019, pour une entente illicite, par l'Autorité de la concurrence. Dans le détail, Edenred, émetteur de la marque Tickets Restaurant a été le plus lourdement sanctionné avec une amende de 157 millions d'euros, suivi par Sodexo, qui écope de 126 millions d'euros d'amende, puis Natixis Intertitres, avec 83 millions et enfin la société Up, 45 millions d'euros.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business