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Michel-Édouard Leclerc dénonce le caractère "injuste" de la taxe GAFA qui risque de pénaliser les PME

Michel-Édouard Leclerc

Michel-Édouard Leclerc - Jean-Francois MONIER / AFP

Dans une tribune publiée sur son blog, le PDG de l'enseigne de grande distribution dénonce une mesure "injuste" qui risque de pénaliser les PME, plus que les grandes entreprises du numérique.

Michel-Édouard Leclerc ne voit pas d’un bon œil la taxe GAFA adoptée en juillet dernier par le Parlement et il le fait savoir. Dans une tribune publiée sur son blog et repérée par nos confrères de Capital, le PDG de l’enseigne de grande distribution étrille la mesure ciblant les entreprises du numérique. "Taxe GAFA: le bal des hypocrites?", titre-t-il.

Selon lui, la taxe GAFA est inefficace puisque ce sont les PME qui risquent au final de payer l’addition. "Amazon, contrairement à Rakuten (qui ne joue pas de toutes façons dans la même cour) réplique qu’il va répercuter sa taxe dans la commission prélevée aux vendeurs sur sa plateforme!", rappelle-t-il. Et de poursuivre: "C’était pourtant prévisible, non? Quand l’État augmente la taxe sur les alcools, on finit par la retrouver in fine sur l’étiquette en rayon".

"Si la taxe GAFA n’est payée que par des PME françaises (10.000 nous dit-on), la loi aura manqué sa cible" ajoute Michel-Édouard Leclerc qui va jusqu’à dénoncer l’attitude "des députés qui depuis quelques heures protestent contre la réaction d’Amazon". "Se rendent-ils compte qu’’en même temps’, ils reconnaissent l’inefficacité de la loi qu’ils viennent tout juste de voter?".

"Objectif politico-médiatique"

Si Michel-Édouard Leclerc reconnaît que "le gouvernement a raison de vouloir s’attaquer aux discriminations fiscales" et de "rechercher les ressources de demain dans les nouvelles transactions digitales", il se demande s’il fallait "tout mélanger et ‘namer’ les GAFA d’outre-Atlantique au risque d’aviver le front diplomatique".

Au final, la taxe GAFA ressemble plus à "un objectif politico-médiatique pour Bruno Le Maire, et de ce point de vie, le pari est gagné", poursuit le patron de Leclerc. Car "si même Trump commence à s’énerver, c’est un moyen de gagner des soutiens dans l’opinion française!", juge-t-il. Il y a deux semaines, le président américain avait en effet dénoncé la "stupidité" d’Emmanuel Macron sur ce sujet, avant de menacer de s’en prendre au vin français en représailles.

Pour rappel, la taxe GAFA est fixée à hauteur de 3% du chiffre d'affaires France des entreprises qui réalisent plus de 750 millions d'euros avec leurs activités numériques, dont 25 millions d'euros pouvant être rattachés à des utilisateurs localisés en France.

Paul Louis