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Médicaments en vente libre: Montebourg reçoit les pharmaciens

Les pharmaciens estiment que l'on ne peut mettre en vente libre certains médicaments sans porter atteinte à la santé publique.

Les pharmaciens estiment que l'on ne peut mettre en vente libre certains médicaments sans porter atteinte à la santé publique. - -

Le ministre de l'Economie va entendre, ce 29 juillet, les arguments des pharmaciens concernant l’ouverture à la concurrence de la vente de certains médicaments, comme proposé par l’IGF. Pour les professionnels, la santé publique est la grande oubliée de ce projet.

Les pharmaciens sont sur le qui-vive. Un rapport de l'Inspection desFinances (IGF), commandé par Bercy, recommande de casser le monopole de la vente sur certains médicaments. Ils ont donc rendez-vous ce mardi après-midi avec Arnaud Montebourg, ministre de l’Economie, pour discuter des conséquences d’une telle libéralisation.

Pour Bercy, cette mesure s’inscrit dans un plan global destiné à casser les monopoles de certaines professions réglementées, comme les notaires, les huissiers,..., qui ont profité de leur monopole pour maintenir des prix élevés. Montebourg vise ainsi à restituer 6 milliards de pouvoir d’achat aux Français.

Dans le cas des pharmaciens, il s’agirait de permettre aux grandes surfaces, ou autre distributeurs, de commercialiser des médicaments comme le Doliprane, le Spasfon, l'Aspégic, le Nurofen, l'Humex ou le Fervex. Selon le rapport de l’IGF, les pharmaciens ont particulièrement augmenté leurs marges sur ces références, au point que les médicaments non remboursés ont vu leur prix augmenter deux fois plus vite que le coût de la vie ces 15 dernières années.

Sécuriser le circuit des médicaments

Pour Philippe Gaertner, président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF), le gouvernement se trompe de cible.

"Est-ce que le médicament peut redonner du pouvoir d’achat aux Français, personnellement je ne le pense pas parce que sur ces produits-là, la vente par Français et par an est de 30 à 32 euros. Imaginez même que cela baisse de 10%, cela représente moins de 30 centimes par mois par Français", explique-t-il à BFM Business.

Mais surtout, il n'est pas possible de mettre fin au monopole des pharmaciens sans tenir compte de ses conséquences sur la santé publique. "La pharmacie ce n’est pas que de la vente de médicaments, c’est aussi la garde, la possibilité d’avoir des médicaments 20h/24 et d'autres services", détaille Philippe Gaertner.

Les pharmaciens assurent aussi un rôle de contrôle contre les contrefaçons, qui permet une sécurité du circuit du médicament.

Au final, " Il faut donc avoir un regard croisé économique et santé publique, et là on a oublié tout un pan", regrette le président de la FSPF.

Coralie Cathelinais