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La facture d'électricité des ménages va doubler d'ici 2020

Un rapport rendu au Sénat prévoit que le montant moyen d'une facture d'éléctricité passe à 1307 euros en 2020.

Un rapport rendu au Sénat prévoit que le montant moyen d'une facture d'éléctricité passe à 1307 euros en 2020. - -

Selon un rapport présenté ce 18 juillet au Sénat, la facture moyenne d’un ménage va passer de 874 euros à 1307 euros d’ici 2020. Une augmentation due aux 400 milliards d'investissements nécessaires pour renouveler la filière.

Faire la chasse au gaspillage d’électricité va certainement devenir une priorité pour bon nombre de consommateurs, s’ils veulent continuer à maîtriser leur budget énergie. Selon un rapport présenté ce mercredi matin, 18 juillet, devant le Sénat, la facture d’électricité d’un ménage type va s’alourdir de 50% sur les huit prochaines années: elle passera ainsi de 874 euros à 1307 euros en moyenne, hors TVA.

Une augmentation qui s’explique par la nécessité de procéder à de lourds investissements dans le secteur. Rien d’étonnant à cela, "le temps où le nucléaire permettait à la France d’offrir l’un des tarifs les plus attractifs d’Europe est en passe de prendre fin", souligne la commission d’enquête.

Son rapporteur, Jean Desessard (groupe Ecologiste), chiffre à 400 milliards d’euros l’investissement nécessaire dans le secteur électrique dans les vingt prochaines années. Une partie sera notamment destinée au secteur nucléaire.

Les énergies renouvelables pas encore matures

Coût de la recherche, mise aux normes des installations existantes après la catastrophe de Fuskuhima, renouvellement du parc, démantèlement de certaines installations ou encore traitement des déchets, les auteurs du rapport notent qu’il est difficile de faire la part entre tous ces postes de dépenses. Une fois de plus, aucun chiffrage n’a été fourni. Mais Jean Desessard a indiqué que, "dans le pire des cas, ces coûts pourraient porter à 75 euros le prix du Mégawattheure".

Sans surprise aussi, la gestion du passage à la mixité énergique est l’autre grand chantier qui va conduire à l’augmentation des coûts de l’électricité. Là encore, le rapport se montre très prudent sur les orientations stratégiques: "Le caractère très évolutif des technologies et de leur coût ne permet pas de déterminer, avec un degré de certitude suffisant, les filières qui se révéleront les plus efficaces".

Néanmoins, les auteurs indiquent que l’éolien terrestre est déjà une filière mature et compétitive, avec un prix de revient de 82 euros du Mégawattheure. L’éolien en mer et le photovoltaïque ont, eux, encore des efforts à faire.

Un réseau de distribution obsolète

Enfin, le coût de l’électricité n’est pas le seul fait de sa production. Son acheminement jusqu’au consommateur se répercute aussi sur la facture. "Le manque d’investissement dans le réseau de transport et de distribution est patent, comme l’a notamment souligné la Commission de régulation de l’énergie", explique Jean Desassard dans ses conclusions. Une fois de plus, les retards pris dans son renouvellement vont se répercuter sur la facture des usagers. 

La commission fournit aussi quelques recommandations. Elle souhaite la mise en place rapidement de "smart grid", des réseaux intelligents permettant de réduire la déperdition d’énergie. Ou encore la mise en place de solutions de stockage qui permettront de s’acheminer vers l’autonomie énergétique.

Coralie Cathelinais