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Carlos Ghosn: une opération de com' bien rodée?

A 14h ce mercredi, Carlos Ghosn s'expliquera sur les accusations dont il fait l'objet. Depuis sa fuite du Japon pour le Liban, l'ex-patron de Renault a retrouvé une certaine liberté de parole et devrait ainsi donner des noms sur ce qu'il présente comme un complot.

C'est une conférence de presse particulièrement attendue: à 14h (heure française), ce mercredi 8 janvier, Carlos Ghosn reviendra sur les accusations dont il fait l'objet depuis son arrestation fin 2018 au Japon. Un rendez-vous à suivre en direct sur BFMTV.

Un grand rendez-vous médiatique

En fuite au Liban depuis quelques jours, l'ex-patron de l'alliance Renault-Nissan devrait ainsi s'expliquer sur les raisons qui l'ont poussées à quitter le Japon, alors qu'il y faisait l'objet de poursuites et d'une interdiction de quitter le territoire

Mais pourquoi cette conférence de presse? Au Liban, Carlos Ghosn retrouve une certaine "liberté de parole", résume Gaëtane Meslin, journaliste envoyée spéciale de BFMTV à Beyrouth. En avril dernier, l'homme d'affaires avait déjà tenté de s'expliquer depuis Tokyo. "Mais avant qu'il ne puisse le faire, il avait été à nouveau incarcéré donc Carlos Ghosn prépare ce moment depuis des mois maintenant", rappelle-t-elle. 

Carlos Ghosn a prévu notamment d'évoquer directement les personnes qu'il juge responsables de son arrestation. En revanche, il ne devrait pas donner vraiment de détails sur les moyens qui ont permis d'organiser sa fuite du Japon vers le Liban.

Organisée par les avocats de Carlos Ghosn et son agence de communication française, cette prise de parole se déroulera au syndicat de la presse de Beyrouth. Une centaine de journalistes du monde entier seront présents, même si d'après le journaliste du Parisien présent sur place, tous les représentants de médias japonais ont finalement été exclus de l'événement. Carlos Ghosn doit s'exprimer pendant 30 minutes environ dans un propos liminaire en anglais puis il répondra aux questions des médias. 

Une contre-attaque médiatique

"C'est une contre-attaque évidemment. La question est de savoir s'il y aura des révélations. Il a dit qu'il allait donner des noms des personnes à l'origine de ce 'complot industriel', selon l'expression de Carole Ghosn dans une interview au Parisien ce matin", explique Hedwige Chevrillon, éditorialiste chez BFM Business.
"On va savoir qui il vise au sein de Nissan, son ex-entourage, qui il vise au sein du Meti, le ministère de l'Industrie au Japon, extrêmement puissant, et est-ce qu'il va aller plus loin sur l'attitude du procureur. Je pense que ce sera intéressant de voir jusqu'où il va aller dans ses révélations et dans sa défense, avec quatre inculpations sur le dos et des enquêtes en France", poursuit-elle.

Pour l'éditorialiste, la vraie question sera de savoir s'il pense vraiment qu'il s'agit d'un "complot industriel": "est-ce que les Japonais, dans leur fierté nationale, avait envie de reprendre le contrôle de Nissan?". 

Julien Bonnet