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Avant la conférence de presse de son mari, Carole Ghosn assure qu'elle n'était "au courant de rien"

Carlos Ghosn et son épouse, Carole - Kazuhiro NOGI - AFP

Carlos Ghosn et son épouse, Carole - Kazuhiro NOGI - AFP - -

En fuite au Liban alors qu'il est poursuivi pour malversations financières au Japon, Carlos Ghosn tiendra une conférence de presse à Beyrouth ce mercredi 8 janvier à 14h afin de livrer sa version des faits.

Avant la prise de parole publique de Carlos Ghosn, son épouse Carole Ghosn sort elle aussi de son silence, alors qu'elle est soupçonnée de fausses déclarations devant la justice japonaise, et que son mari est en fuite au Liban depuis une semaine.

Dans les pages du Parisien ce mardi, Carole Ghosn condamne le mandat d'arrêt émis contre elle, qu'elle juge être "une vengeance des procureurs japonais". "Ils l'ont annoncé juste avant la conférence, espérant mettre la pression sur mon mari et me punir une fois de plus. Je trouve ça petit de la part d'une prétendue grande démocratie", déplore-t-elle.

"La prise de parole la plus importante de toute sa vie"

Arrêté en novembre 2018 pour malversations financières puis inculpé, le Franco-Libano-Brésilien de 65 ans est soupçonné de s'être enfui en jet privé avec l'aide de deux complices présumés, alors qu'il était assigné à résidence à Tokyo.

Bien qu'elle assure qu'elle n'était "au courant de rien" de sa fuite rocambolesque du Japon vers le Liban, elle défend néanmoins bec et ongle la décision de son époux. Carole Ghosn raconte au journal francilien qu'elle se trouvait "à Beyrouth avec ses enfants pour fêter Noël", quand "quelqu'un (l)'a appelée pour (lui) dire: J'ai une surprise pour toi". "C'était la plus belle de toute ma vie!", se souvient-elle. 

"Partir était le seul choix possible", défend-t-elle

Seulement quelques heures avant la très attendue conférence de presse de son époux, Carole Ghosn dit "ne pas avoir douté une seconde" de son mari, qu'elle estime être "victime d'un complot industriel et de la guerre entre Renault et Nissan".

Elle se réjouit que celui-ci puisse bientôt "s'expliquer, se défendre". Elle décrit par ailleurs un homme "tendu, c'est normal. C'est la prise de parole la plus importante de toute sa vie!", poursuit l'épouse de l'ancien PDG. 

Carole Ghosn estime que "partir était le seul choix possible" pour Carlos Ghosn, "alors qu'il voyait son procès reporté indéfiniment et qu'il était maintenu dans des conditions de privation de liberté visant à le déshumaniser". "Carlos n'entendait pas plaider coupable pour des choses qu'il n'a pas faites", tonne-t-elle auprès du Parisien, assurant que "dans le système judiciaire japonais, 99,4 % des accusés sont condamnés s'ils ne font pas ce choix".

Jeanne Bulant