BFM Business

Carlos Ghosn: les jets auraient été utilisés "illégalement" pour sa fuite

Dans un communiqué, la compagnie de jet privé dont les avions ont été utilisés par Carlos Ghosn pour se rendre du Japon au Liban annonce qu’elle a déposé plainte pour une "utilisation illégale" de ses avions.

Les jets privés qu’a utilisé Carlos Ghosn pour sa fuite du Japon vers le Liban en début de semaine l’auraient été illégalement. C’est en tout cas ce qu’affirme MNG Jet, la compagnie aérienne privée turque qui exploite les deux appareils.

Dans un communiqué publié ce vendredi sur son site internet, la compagnie annonce qu’elle a déposé plainte le 1er janvier "concernant l’utilisation illégale de ses services d’affrètement de jets en relation avec l’évasion de Carlos Ghosn du Japon".

Dubai-Osaka-Istanbul-Beyrouth

Le communiqué de MNG Jet permet d’en apprendre un peu plus sur le trajet des appareils.

"En décembre 2019, MNG Jet a loué deux jets privés distincts à deux clients différents: un jet privé de Dubaï à Osaka et Osaka à Istanbul, et un autre jet privé d’Itsanbul à Beyrouth, écrit la compagnie dans le communiqué. Les deux baux n’étaient apparemment pas liés l’un à l’autre. Le nom de M. Ghosn n’apparait pas dans la documentation officielle d’aucun des vols".

Ce qui laisse supposer que les personnes ayant affrété les avions ne voulaient pas en dire trop sur le principal voyageur. Carlos Ghosn n'aurait ainsi pas décollé de Tokyo, mais d'Osaka, à six heures de route de la capitale japonaise. Ce qui confirment des fuites apparues ce jeudi sur les réseaux sociaux, donnant les trajets et immatriculations des deux appareils

La compagnie précise par ailleurs que les jets ne lui appartiennent pas mais qu’elle les exploite. Quand MNG Jet a eu vent par la presse de leur utilisation par Carlos Ghosn, la compagnie a ouvert une enquête interne et "déposé une plainte pénale en Turquie le mercredi 1er janvier 2020".

Un employé de la compagnie aurait avoué

Ce jeudi, des perquisitions ont été menées par les autorités turques à Istanbul, sept personnes ont été arrêtées. Selon l'agence de presse turque DHA, il s'agit de quatre pilotes, deux personnels au sol et un cadre de MNG Jet, une compagnie aérienne privée. Ce que semble confirmer la compagnie pour ce dernier.

"Un employé de l’entreprise, qui fait l’objet d’une enquête par les autorités, a reconnu avoir falsifié les registres, peut-on lire dans le communiqué. Il a confirmé avoir agi à titre individuel, à l’insu ou sans l’autorisation de la direction de MNG Jet".

Selon l’AFP, les sept suspects doivent être déférés devant un tribunal vendredi en vue de leur placement en détention provisoire.

Pauline Ducamp avec AFP