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Brexit: Michel Barnier ne veut pas d'une finance dérégulée en Europe

Invité sur le plateau du Grand Journal de l'Eco, sur BFM Business, le négociateur en chef pour l'Union européenne a prévenu qu'il n'y aurait "pas de négociations" avec Londres sur les services financiers, de peur d'une nouvelle crise majeure.

Pas question de relâcher la bride. Invité sur le plateau du Grand Journal de l'Eco, sur BFM Business, le négociateur en chef pour l'Union européenne Michel Barnier a rappelé qu'il n'y a "pas eu de négociations sur les services financiers" avec Londres. "Et il n'y aura pas de négociations sur les services financiers" a-t-il martelé.

"Vous avez une quarantaine d'équivalences qui peuvent être données" poursuit-il. Des décision "unilatérales que nous donnerons ou ne donnerons pas" mais Bruxelles promet d'être intransigeant sur ce sujet.

"Nous avions trop dérégulé"

Pourquoi une telle méfiance ? "La ligne rouge est: qu'est-ce qui remet en cause la stabilité de l'Union, européenne et de la zone euros fragilisées gravement par la crise financière" poursuit Michel Barnier souhaitant "ne pas avoir la mémoire courte" sur la dernière crise financière de 2008.

"Nous avions trop dérégulé depuis 30 ans sous l'effet de cet ultralibéralisme" souligne l'ancien commissaire européen au marché intérieur et aux services. "On a baissé la garde [avant la crise financière, ndlr] et je pense qu'il faut garder ce niveau de régulation de supervision que nous avons reconstruit pendant 5 ou 6 ans patiemment, pour que les marchés, les acteurs, les produits fassent l'objet d'un contrôle et d'une supervision."

Et de viser directement la City de Londres : "on ne peut plus prendre de risques avec quiconque, les gens de la City et d'autres, sans faire attention" martèle-t-il. "Que ces gens qui ont quelque fois été habitués à faire un peu n'importe quoi, à qui on a permis de faire n'importe quoi, assument leurs responsabilités et fassent preuve de transparence."

Thomas Leroy Journaliste BFM Business