BFM Business
Economie

Le PDG de Veolia affirme avoir "trouvé le moyen de contourner l'obstacle" mis en place par Suez

Le PDG de Veolia Antoine Frérot, lors de l'universié d'été du Medef, le 27 août 2020 à Paris

Le PDG de Veolia Antoine Frérot, lors de l'universié d'été du Medef, le 27 août 2020 à Paris - ERIC PIERMONT © 2019 AFP

Dans le Journal du Dimanche, le PDG de Veolia affiche sa détermination dans son projet de racheter son concurrent.

Mercredi 30 septembre, le conseil d'administration d'Engie qui met en vente ses 29,9% dans Suez dira s'il accepte, ou non, l'offre de Veolia. En attendant, dans le JDD, Antoine Frérot, le PDG de Veolia, affiche sa détermination et souligne que les dernières manoeuvres de Suez pour échapper à cette opération seront vaines.

Rappelons que Suez a créé une fondation de droit néerlandais destinée à chapeauter l'activité Eau France et à rendre impossible pendant quatre ans toute cession sans accord des actionnaires, compliquant fortement toute cession de cette branche.

Dans l'hebdomadaire, Antoine Frérot est très clair: "Nos juristes ont bien ­travaillé et trouvé la manière de contourner cet obstacle". Comment? "Je ne peux pas vous le révéler, mais ce type de manœuvres prouve bien qu'il est temps qu'Engie prenne une décision."

Le PDG critique vertement, une fois encore, ce mouvement défensif: "L'idée d'extraire un actif d'une entreprise en le rendant inaliénable, donc en baissant sa valeur, sans même consulter ses actionnaires me choque au plus haut point."

Sur BFM Business, le dirigeant avait été un peu moins diplomatique en qualifiant de "pitoyable" ce dispositif. C'est une "dernière manoeuvre un peu pitoyable de désertion et de transfert à l'étranger de l'activité Eau France". En tout cas, une chose est sûre, l'offre proposée à Engie sera bien améliorée, tant financièrement que socialement. "Nous augmentons le prix.

Nous ­apportons des clarifications écrites sur la garantie des emplois et des avantages sociaux pour les salariés qui nous rejoindront et pour ceux qui resteront dans l'activité Eau France de Suez, qui sera reprise par Meridiam."

Et de souligner que "dès le premier jour, les actionnaires de Suez ont apprécié le projet. Il me semble que l'opposition (...) est essentiellement le fait de quelques dirigeants".Alors que Bercy cherche à temporiser, Antoine Frérot n'entend pas allonger les délais, "j'y suis opposé car je suis persuadé que ce serait la pire des solutions.

Chacun peut en effet constater que plus le temps passe, plus le ton monte. Nous n'avons pas besoin d'une prolongation, mais d'une décision". Le PDG prévient: "Notre projet concerne tout le pays. S'il n'aboutit pas, dans vingt ans, on s'en mordra les doigts" évoquant la menace chinoise sur le marché de l'environnement. "Oui, et c'est tout sauf un fantasme", assène-t-il.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business