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Gap: entre 150 et 200 personnes se sont réunies devant l'hôpital en raison d'une grave crise interne

À l'appel de deux syndicats, entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées samedi après-midi devant l'hôpital de Gap, en proie à une grave crise interne.

Entre 150 et 200 personnes étaient réunies samedi après-midi devant l'hôpital de Gap, à l'appel des syndicats FO et CFDT, pour alerter les patients sur une grave crise interne au sein de l'établissement. Une vingtaine de salariés, dont 15 médecins, sont actuellement en arrêt maladie.

"Aujourd'hui, devant tous les problèmes que l'on a, et face à la pression psychologique, on ne peut pas travailler correctement. Ça fait 20 ans que je suis praticien hospitalier et c'est la première fois que je m'arrête. Ça me brise le coeur en pleine pandémie mais je ne peux pas. Si je travaille je vais prendre des risques et je ferai des bêtises...", a expliqué Pierre-Yvan Simonoviez à BFM DICI.

À l'origine de cette "ambiance délétère", la dénonciation par le chirurgien Raouf Hammami d'une pratique de son collègue Gilles Norotte, la cimentoplastie discale, considérée comme "non valide" par une société savante et qui fait l'objet d'une enquête pénale.

En France, il est possible d'injecter du "ciment" (en fait une sorte de résine) dans des vertèbres fragilisées pour les renforcer mais pas directement dans les disques de la colonne. Des patients ont dû être réopérés à la suite d'une telle intervention en raison de complications.

L'enquête du parquet de Gap vise notamment à vérifier si les patients étaient suffisamment informés. Plusieurs ont déposé plainte.

Procédures contentieuses

Par ailleurs, des procédures contentieuses ont été lancées tous azimuts, aboutissant récemment au retrait du Dr Norotte de l'hôpital, tandis que le Dr Hammami est accusé de harcèlement et menaces en interne.

Le 22 mars, celui-ci a réintégré le service de chirurgie orthopédique sur décision du directeur de l'Agence régionale de santé. Depuis, la tension est à son comble, des praticiens ayant une "difficulté énorme" à travailler avec lui selon le Dr Craviari.

Des praticiens avaient déjà démissionné de leurs fonctions administratives il y a quelques semaines.

Contactée, la direction assure que "tout est oeuvre pour garantir la permanence des soins". L'ARS ajoute qu'elle pourrait mobiliser des médecins d'autres hôpitaux si besoin.

De son côté, le Dr Hammami assure avoir repris son activité "sans aucun incident". Pour lui, les praticiens en arrêt "ont choisi de mettre en péril la mission de santé publique" et ont porté des "accusations graves et mensongères" à son encontre.

Clément Boutin avec AFP