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Voitures électriques: vers une norme européenne pour exclure les "batteries sales"

Le bilan carbone des voitures électriques est forcément moins vert en prenant en compte leur production et celle des batteries.

Le bilan carbone des voitures électriques est forcément moins vert en prenant en compte leur production et celle des batteries. - Daimler AG

La Commission européenne souhaiterait mettre en place des "normes écologiques strictes" pour les batteries destinées en particulier aux voitures électriques. Objectif: exclure du marché de potentielles "batteries sales" en provenance d'Asie. Une manière aussi de préparer le terrain à des accumulateurs "made in Europe".

C'est une critique qui revient souvent quand on évoque le bilan écologique des voitures électriques. Certes, elles n'émettent aucun polluant (en dehors des particules fines produites en particulier lors du freinage ou liées à l'usure des pneus), mais leur fabrication serait un point noir de leur bilan carbone, notamment en raison de la composition des batteries.

C'est ce problème que souhaite corriger le vice-président de la Commission européenne, le Slovaque Maroš Šefčovič.

Il a annoncé cette semaine que "les importations de batteries en provenance d’Asie du Sud-Est pourraient être exclues du marché européen si elles ne répondaient pas à un certain nombre de critères", indique un article d'Euractiv.

Verdir les voitures électriques

Cette nouvelle norme qui permettrait à l'Europe et aux Etats membres de justifier davantage la politique actuelle de développement du véhicule électrique pour des raisons environnementales, notamment avec des subventions à l'achat ou à l'installation de bornes de recharge. Une politique souvent critiquée par ceux qui affirment que la voiture "zéro émission" n'est pas réellement une solution aux problèmes de pollution, ou ne fait que délocaliser cette problématique vers les lieux de production de ces batteries et d'extraction des matières premières nécessaires.

L'idée est également d'aboutir à un cadre favorable pour le futur "Airbus des batteries", auquel l'Union européenne vient d'accorder un aide publique de 3,2 milliards d'euros. L'idée: former une filière industrielle de batteries pour les véhicules électriques, via un consortium de 17 entreprises, pour justement moins dépendre des batteries d'origine asiatique.

"La liste de critères écologiques que les batteries devront respecter portera aussi bien sur la durabilité des matières premières utilisées pour la production, que sur la propreté de l’énergie utilisée au cours de la fabrication", note Euractiv.
Julien Bonnet