BFM Eco

Bruxelles autorise "l'Airbus des batteries" à recevoir 3,2 milliards d'euros d'aides publiques 

Sept États-membres vont pouvoir accorder 3,2 milliards d'euros de subventions publiques pour développer une filière européenne dans les batteries pour véhicules électriques.

Sept États-membres vont pouvoir accorder 3,2 milliards d'euros de subventions publiques pour développer une filière européenne dans les batteries pour véhicules électriques. - Emmanuel Dunand-AFP

L'Union européenne autorise une aide publique de 3,2 milliards d'euros que pourront accorder 7 États-membres dont l'Allemagne et la France pour développer une filière industrielle de batteries pour les véhicules électriques, via un consortium de 17 entreprises. L'enjeu: moins dépendre des batteries d'origine asiatique.

L'Europe veut accélérer pour mettre en place une filière européenne des batteries pour les véhicules électriques. La Commission européenne a autorisé ce lundi sept Etats membres, dont l'Allemagne et la France, à apporter une aide publique de 3,2 milliards d'euros pour développer dans l'UE le secteur des batteries électriques, via un consortium de 17 entreprises (cf illustration ci-dessous) dont les firmes allemandes BASF et BWM et le chimiste belge Solvay.

L'Allemagne est autorisée par la Commission à investir jusqu'à 1,25 milliard d'euros. Viennent ensuite la France (960 millions), l'Italie (570 millions), la Pologne (240 millions), la Belgique (80 millions), la Suède (50 millions) et la Finlande (30 millions).

-
- © -

Ces développements concerneront les batteries Li-ion (à électrolyte liquide et à semi-conducteurs), qui ont une plus longue durée de vie et se rechargent plus vite que les batteries actuellement sur le marché.

17 sociétés participantes coopéreront avec 70 partenaires externes

Les 17 participants directs associés au projet (cf illustration ci-dessus), principalement des acteurs industriels, dont des petites et moyennes entreprises (PME), collaboreront les uns avec les autres et avec plus de 70 partenaires externes, comme des PME et des organismes publics de recherche de toute l'Europe.

L'investissement des sept États concernés "devrait permettre de mobiliser 5 milliards d'euros supplémentaires en investissements privés", précise Bruxelles, qui considère ces subventions compatibles avec sa réglementation en matière d'aides d'État. L'ensemble du projet devrait prendre fin en 2031.

En mai 2019, la France et l’Allemagne avaient présenté une initiative industrielle commune qualifiée "d'Airbus des batteries", avec l'objectif de limiter la dépendance de l'industrie automobile européenne aux batteries asiatiques. Pour ce seul projet, ce seront 5 à 6 milliards d'euros qui seront investis pour construire des premières lignes de production", avait déclaré Bruno Le Maire en présentant le projet avec son homologue allemand, Peter Altmaier, et le Commissaire européen à l'Energie Maros Sefcovic.

Les batteries sont considérées par la Commission comme "une chaîne de valeur stratégique, dans laquelle l'UE doit dynamiser l'investissement et l'innovation dans le cadre d'une stratégie de politique industrielle renforcée."

les domaines privilégiés par "l'airbus des batteries"

Les participants (industriels) au projet et leurs partenaires (centre de recherche, PME) devront privilégier quatre domaines technologiques liés aux batteries, précise la Commission européenne:

  • les matières premières et les matériaux avancés: le projet européen entend développer des processus innovants durables qui permettent l'extraction, la concentration, le raffinage et la purification des minerais afin de générer des matières premières de grande pureté. En ce qui concerne les matériaux avancés (comme les cathodes, les anodes et les électrolytes), il vise à améliorer les matériaux existants ou à en créer de nouveaux, qui seront utilisés dans des cellules de batteries innovantes
  • les cellules et les modules: le projet entend développer des cellules et des modules innovants conçus pour répondre aux critères de sécurité et de performance exigés pour les applications automobiles et non automobiles (stockage fixe de l'énergie, machines-outils, etc.);
  • les systèmes de batteries: le projet entend développer des systèmes de batteries innovants incluant des logiciels et des algorithmes de gestion des batteries ainsi que des méthodes de vérification innovantes;
  • la réaffectation, le recyclage et le raffinage: le projet entend élaborer des processus sûrs et innovants pour la collecte, le démantèlement, la réaffectation, le recyclage et le raffinage des matériaux recyclés.
Frédéric Bergé