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Ce pneumatique Michelin biodégradable se répare avec une imprimante 3D

Bio et connecté, le concept Vision incarne pour Michelin le pneu du futur.

Bio et connecté, le concept Vision incarne pour Michelin le pneu du futur. - Michelin

Le pneumaticien français a dévoilé la semaine dernière le Vision Concept, un pneu sans air, biodégradable et pratiquement increvable, grâce à l’impression 3D.

Un pneu écologique, qui ne crève pas, car sans air, ni pression, et se reconstitue seul, via l’impression 3D, c’est ainsi que Michelin veut réinventer la roue. Lors du salon Movin’on, la semaine dernière à Montréal (Canada), le groupe de Clermont-Ferrand a dévoilé le "Vision Concept", son concept de pneumatique futuriste.

Un pneu en zestes d’orange

Pour concevoir un tel pneu, Michelin ne s’est pas basé sur du caoutchouc naturel, mais sur un assemblage de matériaux biodégradables. Le Vision Concept est ainsi bâti sur des assemblages de différentes matières: du bambou, du papier, du bois, des déchets venus du plastique ou de l’électronique, ou encore du métal usager et des zestes d’orange.

Grâce à ces matériaux inédits, le pneu est construit comme une barrière de corail, avec de nombreuses alvéoles de différentes tailles. Plus de 125 ans après avoir inventé la chambre à air, Michelin se concentre désormais sur des pneumatiques sans air. En plus d’être recyclable et même biodégradable, cette future génération de pneumatiques ne crève donc pas.

"On parle de 'generative design', une forme qui imite le processus de croissance naturelle, végétal ou minéral, parfois animal", écrit Michelin dans un communiqué. "Nous nous sommes inspirés de la nature, avec une structure très légère et efficiente", a confié à Forbes Terry Gettis, directeur de la R&D de Michelin.

La structure du concept Vision est composé d'une multitude d'alvéoles.
La structure du concept Vision est composé d'une multitude d'alvéoles. © Michelin

Un pneu qui se répare avec une imprimante 3D

La bande de roulement (la partie du pneu en contact avec le sol) s’adapte à la structure de la chaussée rencontrée, et à sa qualité (humide, poussiéreuse, etc…), ce qui améliore la sécurité. Mais surtout, la bande de roulement se réimprime en 3D, ce qui permet de la régénérer régulièrement sans changer le pneu.

Dans son film de présentation (voir ci-dessous), Michelin propose aux conducteurs de passer dans une station d’impression 3D pour créer directement une nouvelle structure sur la bande de roulement du pneumatique, pour passer par exemple aux pneus hiver, ou réparer une dégradation.

L’analyse de la route passe par des capteurs installés dans le pneu, afin de suivre l’évolution de la chaussée, mais aussi l’état d’usure du pneumatique. Une application permet ensuite au conducteur de programmer une intervention 3D, pour faire évoluer le pneu.

Ce nouveau pneumatique se compose d'une structure en alvéoles.
Ce nouveau pneumatique se compose d'une structure en alvéoles. © Michelin

Sphérique, en galette, avec des alvéoles...

"Compte tenu de la façon dont nous l’avons développé, le Concept Vision est une démonstration de notre expertise ainsi qu’une promesse d’avenir, a confié Mostapha El-Oulhani, chef du projet Vision Concept, rapporte le site 3dnatives. Nous voulions que Vision soit réaliste, car le fait de concevoir des objets ou des services dont nous savons pertinemment qu’ils sont irréalistes ne sert aucun but".

Ce pneu ne sera cependant pas commercialisé ainsi, tout de suite. Les différentes innovations nourriront de futurs produits de la marque au Bibendum. Michelin n’est pas le seul à vouloir réinventer le pneu, voire la roue. Lors du salon automobile de Genève (Suisse) en mars 2016, Continental avait dévoilé l’Eagle360, un pneumatique sphérique, lié à la voiture grâce à des aimants.
Pauline Ducamp