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Voies sur berge: le trafic a doublé sur les quais hauts au coeur de Paris

Depuis la fermeture de la voie Georges Pompidou, sur la berge de Seine rive droite, le trafic s'est notamment reporté sur les quais hauts. Deux fois plus de voitures empruntent cet axe chaque jour.

Depuis la fermeture de la voie Georges Pompidou, sur la berge de Seine rive droite, le trafic s'est notamment reporté sur les quais hauts. Deux fois plus de voitures empruntent cet axe chaque jour. - Miguel Melina - AFP

C’est ce qui ressort d’une compilation des chiffres de la circulation dans Paris menée par Le Parisien. Quai de l’Hôtel de Ville, le nombre de voitures par heure a même presque doublé.

Depuis la fermeture des voies sur berge rive droite, votée par le Conseil de Paris fin septembre, la circulation a augmenté dans tout le centre de Paris, mairie comme automobilistes le constatent chaque jour. Mais les chiffres publiés ce matin par Le Parisien soulignent une augmentation bien plus importante du trafic au cœur de la capitale que les chiffres donnés jusqu’à présent par la municipalité.

Le Boulevard Saint-Germain, "un parking à ciel ouvert"

Sur les quais hauts, quais du Louvre et de la Mégisserie, le trafic a augmenté de 48%. Il a même presque doublé sur le quai de l’Hôtel de ville, avec une hausse de 84% entre septembre 2015 et septembre 2016. En moyenne, 526 000 véhicules ont emprunté ce quai en septembre 2015. Un an plus tard, 968 000 véhicules l'ont emprunté. Le pic est atteint Quai Henri IV, au bout du port de l’Arsenal, où le trafic a doublé: de 550.000 voitures en septembre 2015, le trafic a dépassé le million de véhicules en septembre 2016.

Le report de circulation s’effectue même jusqu’aux grands boulevards rive droite, Boulevard des capucines et Boulevard Poissonnière, avec une hausse du trafic qui peut atteindre les 20%. Même constat rive gauche, où le trafic a augmenté de 18 à 20% sur tout le boulevard Saint-Germain.

"La circulation a clairement augmenté, le boulevard est saturé, confie le réceptionniste d’un hôtel au Parisien. La dernière fois, on aurait dit un parking à ciel ouvert".

Bataille de chiffres autour de l'augmentation du trafic

Pour établir ces chiffres, Le Parisien s’est basé sur les données mises à disposition librement par la Mairie de Paris, à partir des relevés effectués quotidiennement par des capteurs, implantés dans la chaussée. Mais, entre les comités de suivi de la région Ile-de-France et de la Préfecture de Police, la municipalité, et les scénarios établis avant la fermeture des voies sur berge, les chiffres se recoupent peu.

Par exemple, les scénarii commandés au cabinet Systra par la mairie de Paris prévoyaient une hausse de 580 véhicules par heure en heure de pointe le matin sur les quais hauts, quand la préfecture de police relève la présence de 850 voitures supplémentaires le matin… Le premier rapport du comité régional recense 1800 véhicules par heure contre 1172 pour la Mairie de Paris circulant suer les quais hauts en septembre 2015.

"La situation initiale est mal connue, comme le souligne la Commission d’enquête et l’Autorité environnementale, rappelaient dans leur premier rapport le 10 octobre les rédacteurs du comité. En particulier, nous ne connaissons pas la zone d’influence (les origines et destinations) des usagers de la voie Georges Pompidou. La ville de Paris a basé son étude d’impact sur un périmètre très restreint choisi a priori alors que la zone d’influence n’était pas connue". A l’arrêt dans les bouchons, les Franciliens n’ont pas fini de compter les voitures.

Pauline Ducamp