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Total va reprendre les bornes Autolib' à Paris

Une borne Autolib' à Paris.

Une borne Autolib' à Paris. - Thomas SAMSON / AFP

La mairie de Paris va choisir Total pour gérer son réseau de bornes de recharge pour voitures électriques. Le groupe pétrolier va pouvoir s'appuyer sur les infrastructures de l'ex-service d'autopartage Autolib'.

La mairie de Paris va choisir Total pour reprendre les bornes électriques Autolib', l'ex-service d'autopartage arrêté en 2018 et véritable fiasco économique selon un récent rapport, a appris ce jeudi 12 novembre l'AFP auprès de la Ville.

En voirie et en souterrain

Le groupe Total prévoit "1830 bornes de 7 kW (en surface pour de la recharge lente de véhicules), 70 bornes doubles de 3 kW pour les deux roues moteurs, et 80 bornes de recharge rapide (50 kW) en parc de stationnement souterrain", détaille-t-on à la mairie de Paris, confirmant une information du journal Les Echos.

"Le contrat avec Total prévoit le déploiement de 840 points de charges supplémentaires. A terme, le réseau en comptera 2329, soit 56 % de plus qu'aujourd'hui", précisait le quotidien économique. Des infrastructures qui viendront compléter l'offre de recharge publique, alors que la France vise les 100.000 points de charge à fin 2021.

Le pétrolier s'engage à déployer "la totalité de la nouvelle offre en 13 mois (chantiers courts et un maximum de récupération d'éléments existants dont font partie les bornes Autolib')" et à "garantir une continuité de service pour les clients actuels lors de la phase de transition", ajoute-t-on de même source.

Ainsi, "la mise en service des stations aura lieu entre mai et décembre 2021 et celles de recharge rapide entre novembre 2021 et septembre 2024".

Doucement, mais surement, Total affirme ainsi un peu plus ses ambitions dans la recharge pour véhicules électriques. Il opère actuellement environ 20.000 points de charge en Europe et vise les 150.000 à horizon 2025. Dans ce cadre, le groupe français a remporté un marché public aux Pays-Bas en début d'année mais a aussi repris le réseau de bornes de Bolloré à Londres en septembre.

Le sponsor indésirable devenu acteur incontournable

La décision, qui doit encore être votée en Conseil de Paris lors de la prochaine session, qui se tiendra de mardi à jeudi, survient plus d'un an après le renoncement du groupe à être sponsor des JO de Paris-2024.

En mars 2019, la maire de Paris, Anne Hidalgo, avait écrit au patron du Cojo (Comité d'organisation des Jeux olympiques de Paris), Tony Estanguet, pour réclamer des Jeux exemplaires sur le plan environnemental et n'ayant en particulier pas recours à des sponsors actifs dans les énergies fossiles. Sans le nommer, le courrier visait clairement Total.

L'adjoint communiste, Ian Brossat, estimait à l'époque qu'avoir Total, "une des boîtes les plus polluantes du monde", comme sponsor de JO se voulant écologiques, "c'est comme si on organisait une fête de la gastronomie et on la faisait sponsoriser par MacDo".

Un an et demi plus tard, l'adjoint (EELV) aux Transports, David Belliard, a expliqué à l'AFP que l'offre de Total était "la mieux-disante mais surtout, il n'y a pas d'acteurs 100% énergie renouvelable en capacité de répondre à ce type de marché".

En outre, alors que le déficit de la ville va se creuser d'un milliard d'euros dans le sillage de la crise sanitaire due au Covid-19 (à près de 7 milliards d'euros), la mairie de Paris relève que l'offre de Total prévoit "une redevance minimum garantie pour la Ville de l'ordre de 2,9 millions d'euros en année pleine".

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet avec AFP Journaliste BFM Auto