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Téléphone au volant, éthylotests antidémarrage: ces autres mesures de sécurité routière

A côté de la baisse de la vitesse à 80km/h sur les routes secondaires, le gouvernement pourrait prendre demain d'autres mesures, comme une lutte renforcée contre le téléphone au volant.

A côté de la baisse de la vitesse à 80km/h sur les routes secondaires, le gouvernement pourrait prendre demain d'autres mesures, comme une lutte renforcée contre le téléphone au volant. - AFP - Philippe Huguen

Lors du Comité interministériel à la sécurité routière ce mardi, en plus de la baisse de la vitesse à 80km/h sur les routes secondaires, le gouvernement doit annoncer plusieurs autres mesures de sécurité routière.

La baisse de la vitesse à 80km/h sur le réseau des routes secondaires à double sens devrait sauf surprise être annoncée officiellement ce mardi. Mais cela ne devrait pas être la seule décision prise lors du Comité interministériel à la sécurité routière (CISR), afin de réduire le nombre de tués sur les routes.

Lors d’une interview au JDD ce dimanche, le Premier ministre Edouard Philippe a en effet évoqué d’autres mesures, qui pourraient également être annoncées le 9 janvier. "Avec plus de mille décès par an, les excès de vitesse sont la première cause de mortalité sur les routes françaises (32%), la deuxième cause étant l’alcool (19%), et la troisième les stupéfiants (9%)", pouvait-on lire dans l’argumentaire envoyé aux préfets en décembre pour expliquer la baisse de la vitesse. Si elle reste une cause majeure d’accident sur les routes, la vitesse est donc loin d’être la seule responsable.

Vers une généralisation des éthylotests antidémarrage?

En 2016, 29% des tués sur les routes l’ont été dans un accident impliquant un conducteur alcoolisé. Avec la vitesse, l’alcool reste ainsi l’une des causes de mortalité les plus importantes sur les routes françaises. Le CISR pourrait ainsi élargir les tests des éthylotests anti-démarrage (EAD).

Depuis le 1er décembre 2016, ils sont déjà en test dans la Drôme, la Marne et le Nord, via un permis spécifique. Alors qu’il fallait jusqu’alors une décision de justice pour imposer un EAD à un conducteur dont le permis a été suspendu pour conduite en état d’ivresse, les préfectures de ces 3 départements peuvent depuis un an le proposer après un simple passage devant la médecine départementale. Le gouvernement devait recevoir cette année le résultat de cette expérimentation, avec une possible étendue du dispositif à toute la France en 2019, croyait savoir en mars 2017 Le Figaro. Le Bilan 2016 de la Sécurité routière notait également que 21,6% des tués l'étaient dans un accident impliquant un conducteur ayant pris des stupéfiants.

Lutter contre le téléphone au volant

Autre axe à l'étude: "un durcissement des sanctions pour l’usage du téléphone au volant", peut-on lire dans le JDD. La loi de modernisation de la Justice au XXIe siècle doit permettre d'ici quelques mois de verbaliser automatiquement, via une caméra, les automobilistes qui utilisent leur téléphone. Ce dispositif est encore loin d'être opérationnel. L’usage du téléphone est en effet en cause dans un accident sur 10, rappelait en octobre la Sécurité routière.

Selon RTL, le gouvernement pourrait proposer des sanctions allant jusqu'à la suspension de permis en cas d'utilisation du portable au volant, notamment si l'automobiliste est surpris à proximité d'un passage piéton ou d'une école par exemple.

Mieux protéger les usagers vulnérables

Troisième axe de la politique de sécurité routière du gouvernement Philippe: la protection des piétons et cyclistes, soit les usagers les plus vulnérables. Entre 2010 et 2016, la mortalité des cyclistes était en hausse de 2,4%, alors qu’elle avait continuellement baissé entre 2000 et 2010, notamment grâce à la multiplication des pistes cyclables et infrastructures dédiées. Le gouvernement compte aussi mettre en place des campagnes de prévention spécifiques, "pour redynamiser la prévention routière à l'université, dans les entreprises et services publics ou chez les seniors", croit savoir l’AFP.

Les Français roulent moins vite depuis 2000

De facto, en France, on roule déjà à 80km/h. En effet, la vitesse moyenne observée en 2016 sur les routes à 2 ou 3 voies hors agglomération est de 82km/h. "Les vitesses pratiquées sont globalement stables depuis 2009", peut-on lire dans le Bilan 2016 de la Sécurité routière.

D’autres leviers d’action sont également étudiés par les experts. Ainsi, le Bilan de Sécurité Routière 2016 établit que la première cause d’accident sur les routes bidirectionnelles reste l’inexpérience à la conduite sur ce type de routes (31% des décès), devant la vitesse, l’alcool et l’usage d’un nouveau véhicule (29% à chaque fois).

En 2014, le comité des experts du Conseil National de la Sécurité Routière estimait eux que l’état des routes devait également être pris en compte pour réduire la mortalité. Les experts proposaient par exemple l’installation d’une meilleure signalisation comme des systèmes d’avertissement sonore au sol, soulignant que la majorité des véhicules qui quitte la route sur les départementales et nationales le fait suite à l’inattention du conducteur. Une petite correction de trajectoire éviterait alors l’accident. Et sauverait une centaine de vie chaque année.

Pauline Ducamp