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Le téléphone au volant en cause dans un accident grave sur 10

A côté de la baisse de la vitesse à 80km/h sur les routes secondaires, le gouvernement pourrait prendre demain d'autres mesures, comme une lutte renforcée contre le téléphone au volant.

A côté de la baisse de la vitesse à 80km/h sur les routes secondaires, le gouvernement pourrait prendre demain d'autres mesures, comme une lutte renforcée contre le téléphone au volant. - AFP - Philippe Huguen

La Sécurité routière lance ce jeudi sa nouvelle campagne de prévention, avec en ligne de mire, l’usage du téléphone au volant.

Un SMS consulté, un petit coup d’œil vers une notification Instagram, et en 5 secondes d’inattention, une voiture a parcouru 70 mètres sans que son conducteur ait vu autre chose que son écran de téléphone. La Sécurité routière lance ce jeudi une nouvelle campagne de communication pour lutter contre l’usage trop répandu du téléphone au volant.

Selon le ministère de l’Intérieur, "9% des accidents auraient pour cause l’inattention ou le téléphone", comme presque la moitié des accidents corporels.

"9 utilisations sur 10 du téléphone impliquent une manipulation du téléphone. En plus d’une distraction mentale, cette manipulation entraîne une distraction visuelle", nous expliquait il y a quelques mois Christophe Ramond, directeur des études et recherches à la Prévention routière. "Le conducteur n’a plus les deux mains sur le volant, ne regarde plus la route. Or, c’est souvent dans les moments les plus risqués, comme en période de fort trafic, que les conducteurs prennent leur téléphone en main".

Si 9 Français sur 10 reconnaissent utiliser de temps en temps leur téléphone au volant*, au sein de l’association Attitude Prévention, ce sont les jeunes conducteurs qui préoccupent le plus. Les jeunes conducteurs de 18 à 24 ans n'hésitent pas à passer des appels (43% contre 30% pour l'ensemble des automobilistes), à envoyer ou consulter des SMS (43% vs 15%) et des mails (7% vs 3%) ou encore à utiliser une application de jeu mobile (4% vs 1%).

"Lors d’une de nos études récentes, un enfant sur deux expliquait qu’il ne pourrait pas s’empêcher de téléphoner", confie Nathalie Irisson, secrétaire générale d’Attitude Prévention. "Dès le plus jeune âge, c’est un véritable enjeu de sécurité routière, ne pas utiliser le téléphone doit faire partie de l’apprentissage de la conduite".

Faut-il le rappeler, au volant, l’usage du téléphone et sa prise en main sont formellement interdits en France.

Nathalie Irisson liste les bons réflexes à adopter pour conduire sereinement sans être distrait par ce petit objet du quotidien:

"Il faut éteindre son téléphone, ou le confier à un passager. En cas d’appel urgent, on ne transige pas, on s’arrête. Et on ne prend connaissance de ses SMS qu’une fois à l’arrêt, lors d’une pause. Il ne faut pas oublier que la première cause de mortalité pour les 18-24 ans reste les accidents de la route".

*Selon une étude de l’association Prévention Routière datant de mai
Pauline Ducamp