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Sécurité routière: votre passager, meilleur atout anti-incivilités

"Le passager est un témoin et une vigie", explique Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation Vinci Autoroutes.

"Le passager est un témoin et une vigie", explique Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation Vinci Autoroutes. - KELLY SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Un bon conseil, une remarque judicieuse: le passager se révèle un excellent garde-fou contre les comportements dangereux au volant, révèle une étude de la Fondation Vinci Autoroutes.

Plus copilote que passager. Alors que les incivilités comme les comportements dangereux au volant progressent, la présence d’un passager peut être un garde-fou. C’est ce qui ressort du dernier baromètre de la conduite responsable, dévoilé ce jeudi par la Fondation Vinci Autoroutes.

"Une vigie"

"On réalise que le passager est un témoin et une vigie. Il est souvent le premier à se sentir vulnérable face à une conduite dangereuse, explique à l’AFP Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation Vinci Autoroutes. "Un passager peut jouer un rôle complémentaire dans la prévention et l'amélioration des comportements. Il permet de sortir le conducteur de sa bulle, de lui donner le souci d'autrui".

Ainsi, 44% des personnes interrogées disent insister "autant qu'elles peuvent" pour empêcher le conducteur de prendre la route s'il est fatigué, et presque autant (41%) assurent qu'ils s'emparent des clés du véhicule et imposent une solution alternative (taxis, dormir sur place...).

Autres exemples: les passagers demandent au conducteur de ralentir quand il dépasse la vitesse autorisée (82%), de faire une pause toutes les deux heures (77%), de ne pas répondre à un appel ou un SMS (69%).

"0% des conducteurs s'estime dangereux"

Or, ces comportements dangereux au volant se banalisent, souligne l’étude. Plus de neuf conducteurs sur dix (91%) admettent dépasser les limitations de vitesse, 75% disent ne pas toujours respecter les distances de sécurité, 38% paramètrent leur GPS en conduisant. 26% envoient ou lisent des e-mails ou des SMS au volant. 7% des personnes interrogées déclarent d’ailleurs avoir déjà eu un accident parce qu'elles utilisaient leur téléphone au volant.

Le gouvernement compte sévir dans les prochains mois. En cas d’infraction comme l’oubli du clignotant, le conducteur pourra voir son permis retiré s'il tient son téléphone en main. De fait, plus de 63% des personnes interrogées par la Fondation Vinci Autoroutes reconnaissent ne pas mettre leur clignotant lorsqu’elles tournent.

"Les conducteurs ont une vision narcissique et complaisante de leur conduite. Ils disent toujours que ce sont les autres qui conduisent mal: cette année, 0% des conducteurs s'estime dangereux!", relève Bernadette Moreau.

Pauline Ducamp, avec AFP