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Renault redémarre sa production automobile en France

Renault rouvre ses usines d'assemblage de véhicules à Flins (Yvelines) et Sandouville (Seine-Maritime) avec des précautions sanitaires mises en place pour rassurer les salariés. La CGT n'est pas convaincue.

Certains salariés de l'usine de Flins (Yvelines) ont repris ce mardi matin la route du travail, a pu constater une équipe de BFMTV présente sur place. La direction du site devait notamment accueillir les encadrants et les salariés pour les former aux règles de distanciation. La distribution de deux masques par jour et par personne et la mise à disposition de gel hydroalcoolique font aussi partie des mesures mises en place. Dans le contexte de crise sanitaire, les sites Renault en France étaient fermés depuis le 16 mars dernier.

Formation des salariés

Si le secteur tôlerie devait redémarrer dès aujourd'hui, la journée était plutôt consacrée à la formation des salariés au nouveau protocoles sanitaire mis en place. L'assemblage de véhicules doit redémarrer mercredi, sans objectif chiffré pour cette première semaine, a précisé le DRH de Renault Tristan Lormeau dans une interview à La Croix

La reprise du travail se fait en effectif réduit avec 25% du personnel, soit environ 700 salariés pour l'usine de Flins. Si une partie des syndicats ont validé l'accord de reprise du travail, ce n'est pas le cas de la CGT qui estime que les conditions sanitaires ne sont pas respectées pour assurer la sécurité des salariés et que la priorité en période de confinement n'est pas à la production d'automobiles.

Reprendre la production.... et les livraisons

Cette usine de Flins est très importante pour Renault car elle assemble la Zoé, la principale voiture électrique de sa gamme. Un modèle qui vient d'être renouvelé et qui fait donc face à un afflux de commandes que la marque française ne peut pas vraiment honorer depuis un peu plus d'un mois et le début du confinement en France.

Les bonnes ventes de ce modèle seront aussi essentielles pour respecter les normes environnementales européennes plus sévères cette année en termes de CO2 émis par véhicule neuf vendu.

Renault rouvre également ce mardi son usine de Sandouville (Seine-Maritime), qui assemble son utilitaire phare, le Trafic. Pour ce modèle, comme pour la Zoé, la marque française explique ne pas manquer de commandes.

Premiers signes de reprise?

Dans un contexte où les livraisons sont encore compliquées à réaliser, les concessions commencent progressivement à rouvrir en France.

D'après le spécialiste des données automobiles AAA Data, on notait une légère reprise des livraisons la semaine dernière du 20 au 24 avril, qui se matérialisait par une remontée des immatriculations, plus de 2000 mercredi et jeudi derniers par exemple. Une remontée qu'on remarque bien sur le graphique ci-dessous après l'impressionnant creux depuis la mi-mars, mois au cours duquel les ventes avaient chuté de plus de 70% sur un an

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graph © AAA Data

Parmi ces immatriculations de la semaine dernière, 44% étaient des véhicules Renault. Contacté, le groupe français n'a pas encore souhaité commenter ce leadership dans cette reprise ponctuelle qui reste toutefois à relativiser. 

Difficile en effet d'établir un pronostic de la dégringolade annoncée pour le mois d'avril, et qui serait plus catastrophique qu'en mars. "On a encore 4 jours d'immatriculation, il est encore trop tôt pour donner une tendance", indique Marie-Laure Nivot, responsable "Intelligence Marchés" chez AAA Data.

PSA toujours à l'arrêt

Peugeot (20% des livraisons du 20 au 24 avril toujours) et Citroën (12%) complètent ce trio de tête. Si les ventes semblent repartir aussi chez les deux marques phares de PSA, l'outil industriel reste lui pour le moment à l'arrêt. Après un début de polémique sur la réouverture des usines, le groupe semble jouer la carte de la prudence. Depuis, Toyota a pourtant rouvert son usine d'Onnaing (Nord), près de Valenciennes, et Renault commence donc aussi à relancer sa production automobile.

Dans un communiqué diffusé ce mardi, la CFE-CGC de l'usine de La Janais (Ille-et-Vilaine), près de Rennes, indique que la direction souhaite un redémarrage progressif mais qu'aucune date n'a encore été annoncée. 

Julien Bonnet