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Coronavirus: Toyota relance ce mardi son usine près de Valenciennes

Le constructeur japonais relance ce mardi la production de la petite Yaris à Onnaing, près de Valenciennes. Un protocole sanitaire très strict a été mis en place par la direction pour protéger les salariés.

Toyota rouvre ce mardi son usine de production située à Onnaing, dans le Nord, près de Valenciennes. C’est la première usine d’assemblage automobile à reprendre officiellement en France depuis le 17 mars et le début du confinement. Et cette reprise progressive de la production est très encadrée.

Masques, gestes barrières, distanciation sociale 

Environ 500 salariés sont présents aujourd’hui sur ce site qui produit la petite compacte Yaris, contre 4500 habituellement. Ils font leur entrée depuis 7h00 via des tentes installées sur le parking de l’usine. Dans ces tonnelles blanches, un contrôle de température est effectué, puis du gel hydroalcoolique et des masques sont distribués à chaque salarié. Chacun en a droit à deux par jour, à changer toutes les quatre heures.

La direction de Toyota et les partenaires sociaux travaillent depuis des semaines à l’adaptation des quelques mille postes de travail du site. Sur la chaîne de production, des marques au sol ont été installées pour faire respecter la distanciation sociale.

Sur certains postes plus sensibles, où il est difficile de se tenir à plus d’un mètre les uns des autres, les salariés verront leurs protections doublées, avec par exemple des visières en plus des masques.

Les habitudes vont quelque peu être bouleversées, avec des horaires de travail aménagés. La restauration collective ne sera par exemple pas assurée, chaque employé doit venir avec son repas. Les postes de travail des cadres de l’usine, des fonctions supports dans les bureaux ont aussi été aménagés pour respecter les distances de sécurité.

"Nous avons une conviction, c’est que le coronavirus ne va pas s’arrêter le 11 mai, il faut donc préparer et cette préparation va prendre du temps, il faut réadapter l’outil industriel pour faire en sorte que demain nous puissions produire, explique au micro de BFMTV Luciano Biondo, président du site français de Toyota. Pour démarrer cette nouvelle façon de travailler, nous avons décidé de redémarrer progressivement. C’est une première étape ce jour, avec 10% des salariés qui vont revenir dans l’entreprise pour appréhender l’entreprise, étudier les améliorations à faire. Demain, 400 nouveaux salariés viendront sur le site pour faire des essais de production et voir ce qu’il faut modifier".

Les quelques centaines de salariés présents ce matin sont des volontaires. Ils auront ainsi un rôle d’expert dans leur poste. Ils font chacun partie des trois équipes qui se relaient normalement 24 heures sur 24 sur le site, et ont, pour certains, participé à la définition des nouvelles consignes de sécurité.

Un travail de redémarrage de plusieurs semaines

"Nous travaillions au redémarrage de l’usine pratiquement depuis que la production a été suspendue, car nous savions qu'il faudrait reprendre à un moment, poursuit ce porte-parole. Et nous ne voulions redémarrer qu’après la mise en place de mesures solides, qui rassurent nos salariés. C’est notre priorité".

"L'objectif de cette reprise sera de former les salariés à un nouvel environnement répondant à un protocole de mesures sanitaires strictes, explique la direction de l’usine, citée par l’AFP. 85% des salariés ont confirmé leur disponibilité".

La plupart des syndicats ont approuvé cette reprise progressive. La CGT, seul syndicat qui a voté contre cette décision, montre des réserves. Toyota "fait prendre un risque aux salariés et à toute la population", a dénoncé Eric Pecqueur, secrétaire général CGT et élu au CSE, rapporte l’AFP. Pour la CFDT au contraire, interrogée elle aussi par l’AFP, "l'idée n'est pas de faire du chiffre, mais d'avoir une approche pédagogique pour intégrer les nouvelles mesures sanitaires", expliquait la semaine dernière Thomas Mercier, secrétaire CFDT et secrétaire du CSE. L'un des points de l'accord garantit également que les salariés ne travailleront pas au mois d'août, de quoi compenser une reprise d'activité en amont. 

Une toute petite production ces deux prochaines semaines

Le but des quinze prochains jours est que les salariés s’approprient pleinement les nouvelles procédures. Les premières voitures ne sortiront d’ailleurs pas des chaînes ce mardi. Il faudra attendre jeudi pour la production d’une cinquantaine de Yaris, le temps de relancer la fabrication et l’assemblage de toutes les pièces au sein des différents ateliers de l'usine.

Ces deux prochaines semaines, environ 250 à 300 voitures devraient être produites. En temps normal, chaque jour, un millier de Yaris sortent de l’usine d’Onnaing.

35.000 yaris à produire dans les prochaines semaines

Malgré la mise à l’arrêt du marché automobile européen depuis le mois de mars, Toyota a tout de même de la demande pour la Yaris. 35.000 véhicules sont en en train d’être produits, des véhicules commandés avant le début du confinement. La reprise sera tout de même progressive sur le site. Le constructeur, qui devait lancer en mai, la production de la nouvelle génération de la Yaris, a choisi de repousser de quelques semaines afin de rattraper son retard sur les commandes et de laisser aux salariés le temps de s’habituer aux gestes barrière. Le site d’Onnaing alimente tout le marché européen. Il produira aussi dès l’an prochain un petit SUV.

Pauline Ducamp