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Pourquoi Djakarta n'aurait pas dû renoncer au covoiturage

Le trafic encombré dans une rue de Djakarta, en Indonésie.

Le trafic encombré dans une rue de Djakarta, en Indonésie. - Bay Ismoyo - AFP

La capitale indonésienne est revenue sur une réglementation obligeant les automobilistes à covoiturer à 3 minimum aux heures de pointe. Le temps passé dans les bouchons a explosé.

Le covoiturage réduit bien les bouchons. Mais Djakarta ne l’a finalement découvert qu’a posteriori. Selon une étude publiée dans le magazine Science, repérée par Le Monde, le temps passé dans le trafic a presque doublé depuis que les autorités indonésiennes sont revenues sur une loi obligeant les automobilistes à partager les voitures individuelles.

Depuis 2012, une loi obligeait en effet à l’heure de pointe les automobilistes à voyager à 3 minimum par véhicule sur les routes principales de la capitale. Mais après différentes affaires judiciaires, avec des passagers temporaires pour tromper les autorités, ces dernières sont finalement revenues sur cette obligation en avril 2016. En comparant les relevés de trafic sur Google Maps sur 5 routes principales, Benjamin Olken, un économiste du Massachusets Insitute of Technology de Cambridge et ses collègues ont montré qu’un an et quelques mois plus tard, le temps pour parcourir un kilomètre a été pratiquement multiplié par deux le soir aux heures de pointe, entre 16h30 et 19 heures. Le matin, le temps de trajet a grimpé de 43%, et même pendant les heures creuses, les temps de parcours ont augmenté.

Cette dégradation des conditions de trafic ne se remarque pas seulement sur les routes concernées auparavant par le covoiturage. En effet, des routes et des quartiers qui ne connaissaient pas les embouteillages sont désormais également encombrés. 8 millions de voitures circulent en moyenne chaque jour dans la capitale indonésienne, avec peu d’alternatives en matière de transports en commun. Djakarta fait régulièrement partie des villes les plus embouteillées au monde.

Pauline Ducamp