BFM Auto

Pollution, sécurité, sport... le programme auto de François Fillon

L'ancien Premier ministre François Fillon lors d'une séance d'essais en 2012, sur le circuit du Mans dans la Sarthe.

L'ancien Premier ministre François Fillon lors d'une séance d'essais en 2012, sur le circuit du Mans dans la Sarthe. - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Le candidat des Républicains est un "car guy", fan des 24 Heures du Mans. Si son programme officiel recèle peu de propositions concrètes à destination des automobilistes, il s'est souvent confié sur son rapport à la voiture.

> Toute la semaine, BFMTV.com vous présente les programmes auto des candidats à l'élection présidentielle. François Fillon est le premier chapitre de la série. 

Ce détail n’a pas échappé aux fans de Formule 1. La forme du "F" du slogan Fillon 2017 rappelle furieusement celui du logo officiel de la discipline reine du sport automobile. S’il s’agit (certainement) d’une coïncidence, elle sied bien au candidat de l’élection présidentielle: c'est celui qui affiche le plus son amour de l’automobile.

François Fillon chérit la bagnole, file les métaphores liées au sport automobile, mais ne défend pas vraiment sa passion dans ses propositions, même s'il est reconnu parmi les professionnels du secteur comme l'un des plus sérieux sur le sujet automobile parmi les 11 candidats. A noter que l'équipe de campagne de François Fillon n'a pas souhaité répondre à nos questions.

Le programme au banc d’essai

Diesel: quel avenir et quelle fiscalité pour ce carburant?

Cette thématique est abordée dans l’une des deux seules propositions de François Fillon consacrée à l’automobile. Le candidat LR souhaite renforcer "le processus de diminution de la part du diesel, le contrôle technique des véhicules les plus polluants et les solutions alternatives au diesel pour les poids lourds". Ceci dit, peu de détails sont donnés sur les moyens pour y parvenir.

Quelles sont ces mesures pour lutter contre la pollution?

Idem dans la lutte contre la pollution. François Fillon souhaite dans la même mesure "développer les transports urbains et le véhicule électrique". Le candidat n’entre pas plus dans les détails.

Quelles propositions pour la sécurité routière?

S’il aime la vitesse sur circuit (il a notamment testé la Peugeot 908 engagée aux 24 Heures du Mans il y a quelques années, et participe régulièrement au Mans Classic, 24 Heures de course de voitures anciennes), François Fillon reste très discret (comme la plupart des autres candidats) sur la méthode pour mieux protéger les automobilistes. Interrogé par le Conseil National des Professions de l'Automobile (CNPA), il cible cependant 2 points précis pour faire baisser le nombre de morts sur les routes. 

"Il faudra renforcer les actions contre les drogues, avec en 2016, 25% des personnes décédées sur les routes ont été tuées dans un accident impliquant un conducteur sous l'emprise de stupéfiants, souligne le candidat LR. En zone urbaine dense, il faudra renforcer les actions autour des 2-roues".

François Fillon donne également dans ce document quelques pistes sur sa politique vis-à-vis du permis de conduire. Il compte d'abord faire un bilan des réformes précédentes du permis, et note: "Si certains pays ont introduit des contrôles d'aptitudes, les études montrent que les seniors ont moins d'accidents que les autres en proportion".

Comment comptez-vous aider l’industrie automobile française?

François Fillon ne s’est exprimé ni sur les déboires de Renault dans le dieselgate, la renaissance d’Alpine ou les succès de PSA. Mais son avis sur les dirigeants français de l’automobile a parfois été sévère.

"Ils ne comprennent pas la part d’irrationnel de l’automobile. Je ne crois pas que les Allemands soient génétiquement différents des Français dans leur relation à l’automobile. C’est plus dans le comportement des dirigeants, politiques et industriels, que se trouve le sujet, confiait-il dans une interview au magazine Sport Auto en août 2013, avant d’ajouter: "Une idée, très répandue parmi les dirigeants politiques, veut que l’automobile, ce soit fini, quelque chose qui appartient au passé".

Il a seulement évoqué le cas Renault le 1er décembre pour justifier la sortie de l’Etat du capital de plusieurs entreprises. "L’Etat peut avoir vocation à venir de manière ponctuelle dans une entreprise, mais il n’a pas vocation à y rester indéfiniment", déclarait-il alors.

François Fillon, alors ministre de l'Education, prend le départ du Mans Classic en 2004.
François Fillon, alors ministre de l'Education, prend le départ du Mans Classic en 2004. © Jean-Baptiste Monier - AFP

Un grand prix de Formule 1 en France en 2018, est-ce une bonne idée?

Lorsqu’il était Premier ministre, François Fillon avait beaucoup œuvré pour faire revenir la Formule 1 en France, notamment sur le circuit du Castellet (Var) qui accueillera le Grand Prix de France en 2018, mais sans succès.

"Je n’ai rencontré quasiment aucun soutien, ni ‘au-dessus’, ni auprès de mes propres collaborateurs. Il y avait même un côté un peu méprisant de la part des politiques, confiait-il en 2013 à Sport Auto. On s’est laissé embarquer sur des projets qui, pour certains, étaient totalement irréalistes. Le plus sérieux, c’était [celui de] Flins. Et là, je ne pouvais pas imaginer que j’allais rencontrer une hostilité pareille au sein même de mon gouvernement, avec un Borloo déchaîné..."

S’il n’a pas commenté le retour de la F1 en France, on le croise tous les ans au Mans, au côté de son frère, Pierre, dirigeant de l’ACO.

Sa voiture au quotidien 

Publiée le 9 février, sa déclaration de patrimoine comme candidat à la présidence de la République recense 2 voitures: un Toyota Land Cruiser de 2001, achetée 22.000 euros et une Peugeot 306 de 1998, achetée à l’époque 5000 euros. "Quand on fait de la politique, il y a des choses qui vous sont interdites, assénait-il en juin 2012 dans Le Parisien, au moment de quitter Matignon. Comme celles de rouler dans une belle bagnole. J'aimerais en avoir... mais les électeurs ne le comprendraient pas".

Quelle voiture l’a particulièrement marqué/fait rêver?

On aurait envie de dire la Dacia Sandero qu’il a pilotée lors de la 1ère saison de Top Gear France, les Jaguar Type E et Porsche 911 S l’ont définitivement séduites. "C’est le meilleur compromis entre les performances, la sécurité et en même temps, c’est une voiture qu’on peut utiliser tous les jours", confiait-il alors à Philippe Lellouche.

Pauline Ducamp