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Piétonisation des voies sur berge: la région Ile-de-France propose des alternatives

La région Ile-de-France a dévoilé ce jeudi trois scénarios alternatifs à la piétonisation des voies sur berge, mise en place par la mairie de Paris. Des propositions qui interviennent alors qu’un nouveau rapport de la Région met en cause l’augmentation du bruit, de la pollution et du trafic.

Le bras de fer continue autour de la piétonisation des voies sur berge à Paris. A l'occasion de son 3e rapport d'évaluation sur la fermeture de la voie Georges Pompidou publié ce jeudi, l'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) de la région Ile-de-France propose des alternatives à l'aménagement mis en place par la mairie de Paris. L'IAU a planché sur la réduction de la circulation, des embouteillages et sur une place plus importante attribuée aux piétons, cyclistes et transports en commun pour arriver à trois scénarios. 

Des projets qui rétablissent la circulation sur les quais

La première proposition de la région consiste à rétablir une voie de circulation sur les quais bas de Concorde à l'Arsenal, avec un aménagement réservé aux piétons et vélos. Sur les quais hauts, le trottoir serait élargi tout en conservant trois voies de circulation, une file pour les bus à haut niveau de service et une voie cyclable. Le deuxième projet prévoit de maintenir une "voie apaisée" en bas des quais, trois voies de circulation en haut ainsi qu'une voie de bus et une piste pour les vélos. Quant au troisième projet, il rétablit carrément deux voies sur les quais bas et propose "deux voies apaisées" sur les quais hauts, une voie de bus et une double piste cyclable et un trottoir élargi. 

Des rapports contradictoires

Dans le même temps, la région rend son troisième bilan mené par le comité d'évaluation et pointe à nouveau une augmentation du bruit, des émissions de polluants et un allongement de parcours aux heures de pointe sur les quais hauts et le boulevard Saint-Germain. Des données qui viennent contredire celles publiées par la mairie de Paris cette semaine. D'après ses chiffres, le trafic aurait commencé à baisser sur les axes sur lesquels se sont reportés les automobilistes, après la fermeture des voies sur berge.

En début de semaine, Airparif avait également rendu un bilan d'étape sur la qualité de l'air soulignant qu'à leur actuelle les relevés de pollution "ne montrent aucune tendance claire imputable à la fermeture des voies sur berge". Airparif mettait aussi en avant une meilleure qualité de l'air sur les quais piétonnisés. 

Une bataille de chiffres sans fin

Depuis la décision du Conseil de Paris en septembre dernier de piétoniser la voie Georges Pompidou, la municipalité d'Anne Hidalgo et la région présidée par Valérie Pécresse s'opposent et se livrent à une bataille de chiffres et de légitimité. La fermeture à la circulation relève de la Ville, mais la Région met en avant sa compétence en matière de qualité de l'air. En septembre dernier, le conseil régional avait également déclaré les voies sur berge "comme relevant des voies routières d'intérêt régionales" afin d'asseoir sa légitimité d'intervention sur le sujet. 

Le Conseil de Paris a voté la piétonisation des voies sur berge pour une durée de six mois qui prendra fin au mois de mars. La mairie compte toutefois pérenniser leur fermeture à la circulation, pour transformer la voie Georges Pompidou en parc urbain végétalisé. 

Carole Blanchard