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Paroles de pilote des 24 Heures du Mans: Thomas Laurent (Jackie Chan DC Racing) en LMP2

A 19 ans seulement, Thomas Laurent se lance dans l'aventure des 24 Heures du Mans.

A 19 ans seulement, Thomas Laurent se lance dans l'aventure des 24 Heures du Mans. - Thomas Laurent

A quelques jours des 24 Heures du Mans, nous avons posé une série de questions à trois pilotes français engagés dans les différentes catégories professionnelles. Troisième et dernier épisode aujourd'hui avec Thomas Laurent. Le pilote français vient de fêter ses 19 ans et est engagé en LMP2, avec l'écurie Jackie Chan DC Racing.

A 19 ans, participer aux 24 Heures du Mans, c’est assez incroyable non?
Thomas Laurent - C’est sûr ! Je réalise juste un rêve que j’ai depuis tout petit.

Pouvez-vous résumer votre parcours avant d’en arriver là?
J’ai commencé le karting à 3 ans sur la piste de mes parents, cela m’a pas mal aidé. A 7 ans, j’ai fait mes premières compétitions et à 10 ans, j’ai rejoint une écurie de karting privée. En cinq ans, j’y ai remporté trois titres de champions de France, deux coupes de France et une coupe du monde pour finir. Je me suis ensuite lancé en 2015 LMP3 en Asian Le Mans Series (le championnat d’endurance asiatique) dans l’écurie du pilote chinois David Cheng (DC Racing). Cela s’est très bien passé avec trois victoires en trois courses et j’ai été élu meilleur "rookie" (débutant) de la compétition.

En 2016, j’ai rejoint le championnat européen de LMS, toujours en LMP3 avec le team Yvan Müller où nous avons été un peu malchanceux avec des soucis mécaniques, mais en gagnant la dernière course. On a aussi remporté cette année-là "Road to Le Mans", course d’une heure en préambule aux 24 Heures. Je suis alors reparti en Asie faire mes premiers tours de roues dans la catégorie supérieure, en LMP2, toujours avec David Cheng Racing. C’est à ce moment qu’on m’a proposé de faire le WEC (le World Endurance Championship, le championnat du monde d’endurance, ndlr) cette année, avec un démarrage formidable lors de notre victoire à Silverstone (Grande-Bretagne) et maintenant cette étape du championnat tant attendue au Mans.

Comment se passe la relation avec Jackie Chan, le célèbre acteur chinois, à l’origine de l’écurie engagée en endurance depuis 2016?
Je l’ai vu l’an dernier, mais il ne pourra être au Mans cette année car il tourne actuellement un film. Il nous suit vraiment bien derrière son activité principale. Et cela nous donne de la renommée car Jackie Chan, même au-delà du monde automobile cela parle à tout le monde.

Questions plus classiques désormais et que nous avions déjà posées à Olivier Pla et Stéphane Sarrazin: quel est votre pilote de référence?
En endurance, je suis un grand fan de Sébastien Bourdais. Il est malheureusement forfait cette année suite à son accident aux 500 miles d’Indianapolis, mais j’ai vu son papa hier (mercredi avant la course, ndlr) et il est venu me voir en me disant qu’il était fier de moi. C’était super cool et ça m’a touché. Et sinon en F1, Jenson Button quand il roulait sur la Brawn GP.

Une voiture de rêve?
Sur route, je dirais la Ferrari 488. J’ai la chance d’être diplômé-moniteur pour les offres type "smart box" et cette voiture m’attire beaucoup. Sur circuit, la Peugeot 908 en LMP1.

Si je vous dis: un circuit mythique, à quel tracé pensez-vous? Où vous avez couru et où vous rêveriez de courir?
Le Mans, deux fois, c’était mon circuit de rêve et je suis en train de le réaliser!

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut se lancer dans le sport automobile?
Croire en ses rêves, se dépasser tout le temps, mais prendre son temps.

Les qualités essentielles pour un pilote pro?
En endurance, je dirais le partage, garder la tête froide… et être gentil avec les médias!

Que représentent pour vous les 24 Heures du Mans?
Toute la semaine avant la course, avec la parade la veille, le pesage une semaine avant, la session autographe qui dure une heure et demi… tout cela donne à la course une ambiance particulière.

Une anecdote qui représente bien la course?
La défaite de Toyota l’an dernier. En tant que pilote, j’avais les larmes aux yeux car je sais très bien qu’il y a un travail incroyable derrière cette présence au Mans et perdre comme ça, à 4 minutes de la fin après avoir mené toute la course, c’est terrible.

Un secret pour faire un temps au Mans?
Un secret reste un secret! Et je compte revenir l’an prochain, donc je ne le donnerai pas avant la course.

Votre meilleur souvenir au Mans?
La qualification de nuit de mercredi soir, je suis monté dans la voiture à 22h45 environ et il commençait à faire bien noir. Malheureusement sur 10 tours, j’ai eu 5 tours de slow zone et 5 tours de trafic après, mais rouler à la nuit tombante reste une expérience nouvelle pour moi, et donc essentielle, avant d’attaquer la course.

Julien Bonnet