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Motos-scooters: l'association européenne des constructeurs favorable au contrôle technique

Il y a quelques années, l'Acem publiait un rapport financé par la Commission européenne affirmant que 0,5% des accidents de deux roues motorisés sont dus à un problème mécanique

Il y a quelques années, l'Acem publiait un rapport financé par la Commission européenne affirmant que 0,5% des accidents de deux roues motorisés sont dus à un problème mécanique - ROMAIN LAFABREGUE / AFP

L'Acem publie un rapport qui présente le contrôle technique comme pouvant réduire les accidents. En France, les "motards" y voient une taxe "plus qu'une nécessité pour sauver des vies"

Le contrôle technique pour les motos et scooters va-t-il être imposé France en 2022 comme le veut la réglementation européenne? L'Acem, association européenne des constructeur de motos, fait pression sur la commission européenne pour que les pays qui ne l'ont pas encore mise en place s'activent. Et parmi ces Etats, la France.

Dans un rapport adressé à Adina Vălean, commissaire européenne aux transports, l'Acem dresse une liste de "recommandations politiques" pour améliorer la sécurité à moto. Le contrôle technique y est présenté comme une nécessité pour prévenir les "défaillances mécaniques" et par conséquence, réduire les accidents.

"Les véhicules défectueux ou mal entretenus peuvent entraîner un risque de sécurité plus élevé. Cependant, seulement la moitié des États membres de l'UE ont mis en place des contrôles techniques périodiques obligatoires pour les motocycles", affirme l'Acem.

L'association ajoute que la "ces contrôles de sécurité obligatoires dans ces pays [...] empêcherait les défaillances de sécurité dues à un entretien inadéquat (par exemple, des pannes ou un mauvais état de l'éclairage, des pneus ou des systèmes de freinage) et aiderait à prévenir les altérations irresponsables". L'Acem popose même que les autorités "renforcent les inspections [...] afin d'identifier les véhicules qui pourraient représenter un danger pour la sécurité routière [...]".

Une "taxe supplémentaire"?

Le lien entre un mauvais entretien supposé des motos et des accidents est fermement contesté.

"C'est une aberration", avait réagit Didier Renoux, responsable de la communication de la Fédération française des motards en colère (FFMC) à BFMTV. "Les deux roues sont entretenus pour une raison très simple, s'ils ne le sont pas, les motards risquent leur vie".

Pour preuve, seulement 0,5% des accidents de deux roues motorisés sont imputables à un problème mécanique, selon un rapport européen d'ailleurs réalisé à la demande de l'Acem et cofinancé par la Commission européenne.

Ce document intitulé Maids 2.0 fait référence dans toute l'Europe depuis sa publication en 2010. Il s'appuie sur l'analyse d'un millier d'accidents qui se sont produits dans cinq pays d'Europe. En France la Sécurité routière estime ces cas à moins de 1%. Les principales causes d'accidents sont le non respect du code de la route, l'alcool et la vitesse.

Le site spécialisé Le Repaire des Motards donne des précisions sur le rythme d'entretien. Motos et scooters passent "normalement en révision en moyenne tous les 6000 km ou tous les deux ans, à comparer aux voitures qui passent en moyenne en révision tous les 30.000 km". Cet article pointe sur une suspicion de plus en plus partagée en France par les motards: le Contrôle Technique est perçu "comme une taxe plus qu'une nécessité pour sauver des vies".

Pour la FFMC, le problème est plus profond. Les "motards en colère" pointe un maillage territorial impossible qui créerait de inégalités. "Certains usagers devront faire une centaine de kilomètres pour se rendre dans un centre de contrôle", estime la FFMC en rappelant que même les associations de constructeurs y sont opposées. Apparemment, l'Acem a changé de position.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco