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Loi mobilités: un assouplissement des 80km/h désormais possible

Les processus pour un retour à 90 s'annonce complexe.

Les processus pour un retour à 90 s'annonce complexe. - AFP

Votée ce mardi au parlement, la loi mobilités (Lom) fixe plusieurs grandes directions pour améliorer les transports individuels et collectifs en France. Sur le sujet des 80km/h, elle donne également la possibilité aux maires et présidents de département de procéder à des exceptions et donc un retour à 90km/h dans certains cas.

Le projet de loi d’orientation des mobilités (Lom) vient d'être adopté par le Parlement. Parmi les nombreux grands axes fixés pour "améliorer" les déplacements des Français, le texte encadre également l'assouplissement des 80 km/h promis par Emmanuel Macron au moment du grand débat.

Une décision confiée aux élus locaux

Mais les panneaux affichant la nouvelle limitation sur le réseau secondaire ne devraient pas disparaître de sitôt. La Lom prévoit en effet la possibilité pour les présidents de département de relever la limitation de vitesse à 90 km/h sur certains tronçons. Les maires pourront également prendre cette décision sur les routes concernées dont ils ont la responsabilité. Cela concerne donc les routes départementales, mais pas les routes nationales dont la gestion est assurée par l'Etat. 

La responsabilité de cette décision de repasser à 90km/h reposera donc sur les épaules des élus locaux, comme l'avait annoncé Edouard Philippe en mai dernier. Le Premier ministre suggérait alors qu'il faudrait assumer une hausse de la mortalité routière, après des chiffres historiquement bas annoncés en début d'année.

Dans ce cadre, un comité d'experts de la sécurité routière avait publié en juillet une série de recommandations pour aider les présidents de département. Exemple: privilégier un retour au 90 km/h sur des tronçons d'au moins 10 km de long ou la mise en place d'un séparateur central. Certains élus avaient alors tiré la sonnette d'alarme, critiquant un processus trop complexe pour fixer une nouvelle limitation de vitesse.

Un coût plus élevé que le passage à 80?

Autre critique: celle du coût d'un nouveau changement de panneaux en moins de deux ans. Plusieurs chiffres avaient circulé au moment du passage à 80 mais le coût total de ce remplacement avait été évalué entre 6 et 10 millions d'euros.

Un retour partiel à 90km/h coûterait potentiellement plus cher. Le Président du conseil de la Haute-Marne, Nicolas Lacroix, expliquait en effet en août dernier que cette mesure coûterait 100.000 euros, un coût plus élevé que lors du passage à 80. Il faudrait en particulier plus de panneaux affichant les différentes limitations, avec des variations plus fréquentes. 

Un retour "à la carte" à une limite à 90 posait aussi la question de la cohésion entre les territoires avec certains départements comme les Ardennes qui ont déjà prévu de rester à 80 quand d'autres attendaient le feu vert de la loi Lom pour discuter des tronçons où la vitesse serait relevée.

Julien Bonnet