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Le marché automobile français toujours au ralenti en juin

Selon les derniers chiffres publiés ce jeudi par le CCFA, les immatriculations de véhicules utilitaires légers et de voitures particulières neuves ont baissé de près de 12% le mois dernier, par rapport à juin 2019.

Le marché automobile peine toujours à se redresser. Selon les derniers chiffres publiés ce jeudi par le CCFA (Comité de Constructeurs Français d’Automobile), les immatriculations de voitures neuves sont en chute de 13,62% par rapport à juin 2019, une année déjà mitigée pour le secteur.

"On voit un marché convalescent, voir malade, car c’est le marché de l’année 2013 que nous avons", résume ce midi dans 60 Minutes Business François Roudier, porte-parole du CCFA.

Des particuliers attentistes

Le marché de l’utilitaire ne parvient pas à rattraper le recul des ventes aux particuliers. Les immatriculations de véhicules utilitaires légers et de voitures sont en baisse de 11,81% en juin 2021 si l’on compare à 2019. Le marché des professionnels se montre cependant en meilleure forme que celui des particuliers.

"Les entreprises sont plutôt dynamiques, avec un retour des loueurs courte durée pour les vacances sur ce dernier mois. Mais à côté de cela, le marché des particuliers reste extrêmement attentiste, c'est peut-être lié à un moral moyen des particuliers, poursuit François Roudier. C’est l’orientation de cette épargne de protection qui va plutôt sur le logement, l’achat, l’amélioration de son logement, qui continue d’aller sur le véhicule d’occasion très souvent en 2e ou 3e voitures, car il y a une désaffection des transports en commun. Mais l’achat d’une voiture neuve, plus moderne, est en effet pour l’instant à l’arrêt".

La baisse des montants du bonus et de la prime à la conversion ne semble pas non plus avoir pousser les clients en concession. "Nous aurions souhaité une continuité de ces aides, qui ont diminué au 1er juillet et qui vont diminuer de 1000 euros au 1er janvier 2022 sur un marché qui est encore très neuf, un marché où tout le régime de l’occasion n’existe pas", précise François Roudier.

Des marques françaises à la peine

Si leurs immatriculations sont à la baisse, les deux groupes français reculent cependant moins que le marché sur le premier semestre, marché qui plonge de 27% par rapport au premier semestre 2019.

Stellantis voit ses immatriculations de véhicules légers (utilitaires et particuliers) baisser de 21,57% par rapport à cette période. Le Groupe Renault affiche de son côté une baisse de 24,21%. Mais les marques leader des deux groupes ne connaissent pas le même destin.

Quand Renault enregistre un recul de 25,61%, Peugeot ne baisse que de 16,68%. La marque au losange peine face à la gamme attractive de son rival mais a aussi lancé sous Luca De Meo une nouvelle stratégie sur ses ventes, privilégiant les marges aux volumes. Ce qui mécaniquement entraine une baisse des ventes au moins dans les premiers mois avec des véhicules aux remises moins intéressantes. Difficile cependant de mesurer l’impact de cette nouvelle stratégie sur les volumes. La Peugeot 208 reste le modèle le plus vendu sur les six premiers mois devant la Clio et le 2008. La Dacia Sandero se classe 4e, talonnant le petit SUV de Peugeot.

Une belle performance de Toyota

Du côté des constructeurs étrangers, le Groupe Volkswagen recule mais dans une proportion deux fois moins importante que les groupes français (-10,86%). Si la marque VW recule de 19,59%, Skoda réalise une belle performance, avec une hausse de ses immatriculations de 6%.

Il s’agit de l’un des rares constructeurs à immatriculer plus de véhicules ce semestre que sur les six premiers mois de l’année 2019. Une performance que réussit également Toyota. Le constructeur japonais voit ses immatriculations grimper aussi de 6%.

Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp Rédactrice en chef adjointe web