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Le Diesel dépassé par l'hybride et l'électrique en France

En janvier, il s'est vendu plus de voitures hybrides et 100% électriques neuves que des voitures roulant au gazole. La part du marché du Diesel, 52% du marché en 2016, a été divisée par deux.

C'est un peu le symbole d'un marché automobile en plein bouleversement ces dernières années: au mois de janvier 2021, il s'est vendu davantage de voitures "électrifiées" que de diesels, indiquent les chiffres communiqué ce lundi par le CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles).

L'hybride atteint de nouveaux sommets

Le Diesel tombe en effet à un niveau historiquement bas, avec 25,3% des ventes (32.024 unités) sur le marché des véhicules particuliers neufs, contre 30,6% sur l'ensemble de l'année 2020.

A l'inverse, les ventes d'hybrides battent des records: la part de marché de ces modèles, toutes technologies confondues (hybridation légère, non-rechargeable et rechargeable) atteint 22,4% (28.262 unités). Pris à part, les hybrides rechargeables, qui peuvent rouler en mode zéro émission comme des voitures 100% électriques, représentent 6,5% des ventes de janvier. C'est une forte hausse par rapport à la moyenne 2020: les hybrides pesaient pour 14,8% des ventes, dont 4,5% d'hybrides rechargeables.

Si on ajoute les ventes de voitures 100% électriques, 5,1% des ventes de janvier (6469 unités), les ventes de voitures électrifiées grimpent à 27,5%, et dépassent donc celles des véhicules Diesel.

Le diesel, plus d'une vente sur deux en 2016

En regardant un petit peu plus loin en arrière, le changement est saisissant. En 2016, le diesel représentait encore 52% des ventes sur le marché du neuf. A "l'époque", l'hybride représentait seulement 2,9% du marché et le 100% électrique à peine plus de 1%.

Pourquoi l'électrique recule en janvier?

Fait qui peut interroger, les ventes de voitures électriques ont pourtant reculé de 41% en janvier, à 6469 immatriculations contre 10.952 le même mois un an plus tôt.

Il y a en premier lieu un effet de calendrier: il faut se souvenir que début 2020, le marché de l'électrique restait tiré par la prolongation du bonus 2019 sur les premiers mois de l'année. C'était avant la crise sanitaire et le plan de soutien à l'automobile qui se traduira finalement pas une augmentation des subventions à l'achat. Résultat, début 2020, et notamment en janvier, les entreprises et les acheteurs de véhicules à plus de 45.000 euros, principales cibles de la baisse du bonus, anticipaient ce coup de rabot à venir sur les aides à l'achat et avaient avancé leurs achats.

Autre explication avancée par AAA Data, spécialiste de la donnée automobile, une tension sur l'offre, avec "des retards de livraison, notamment sur les modèles phares comme la Renault Zoé". Au classement des modèles les plus vendus en janvier, la Zoé dégringole en effet à la 31e place du classement, alors qu'elle était à la 9e position sur l'ensemble de 2020.

La mise en place du bonus de 1000 euros sur l'achat d'une voiture électrique d'occasion depuis début décembre commence peut-être aussi à montrer ses effets, avec un report de certains acheteurs, du neuf vers la seconde main. Même si le manque de voitures en ventes limite pour le moment le potentiel de ce marché, le boom des ventes dans le neuf devrait lui permettre de se développer fortement ces prochaines années.

Contexte difficile en 2021 mais toujours favorable à l'électrique

Pour expliquer cette baisse de l'électrique, on peut aussi évoquer un marché encore perturbé par la pandémie et les mesures pour freiner la crise sanitaire, ce qui n'était pas encore le contexte en janvier 2020. Mais finalement, avec les mesures de soutien à l'automobile et notamment le maintien des bonus écologique jusqu'au 30 juin 2021, le marché automobile a certes baissé en volumes mais il a progressé de 3,6% "à nombre de jours ouvrés comparable par rapport à janvier 2020 (20 jours en janvier 2021 et 22 jours en janvier 2020)", précise le CCFA.

Malgré cette progression encourageante, le contexte restera difficile en 2021, prévoit notamment Eric Champarnaud, président Autoways:

Le recul est certes limité en janvier, mais les délais de vaccinations, le rebond épidémique et le durcissement des mesures sanitaires – a fortiori un éventuel reconfinement – vont possiblement nous conduire à revoir à la baisse notre prévision jusqu’ici fixée à +15% et 1,9 million d’immatriculations pour l’ensemble de l’année 2021", analyse-t-il dans un communiqué.

Le contexte restera toutefois favorable aux motorisations moins émettrices de CO2, avec un malus renforcé depuis le début de l'année: il se déclenche désormais à 133 g/km de CO2 et peut atteindre le plafond de 30.000 euros, contre 20.000 euros jusqu'ici.

Les normes européennes incitent également les constructeurs à réduire leurs niveaux moyens d'émissions de CO2.

L’objectif global est de 95 grammes de CO2 par kilomètre, mais chaque marque a son propre objectif en fonction de sa gamme de modèles. Nouveauté de 2021, c’est l’ensemble des véhicules vendus qui est pris en compte dans le calcul de l’objectif (contre seulement 95% des ventes en 2020). Par ailleurs l’objectif a été fixé sur l’ancienne mesure CO2 NEDC corrélé alors que désormais les voitures sont homologuées en CO2 WLTP. Or les valeurs CO2 WLTP sont bien plus élevées, de plus ou moins 25% selon les experts", résume AAA Data.
https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto