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La nouvelle prime à la casse séduit les Français

La prime à la conversion vise à rajeunir le parc.

La prime à la conversion vise à rajeunir le parc. - Johannes Eisele - AFP

Lancée début janvier, cette prime qui peut atteindre 2.500 euros est versée contre la mise à la casse d’une vieille voiture et l’achat d’un véhicule moins polluant, neuf ou d’occasion. Ce dispositif a déjà séduit 25.000 bénéficiaires sur les trois premiers mois de l'année, a annoncé Nicolas Hulot.

Mettre un vieux véhicule à la casse, et toucher ainsi une prime pour en acheter un plus récent, l’idée séduit les Français. Lancée le 1er janvier, la prime à la conversion semble avoir trouvé son public.

Lors d'un déplacement à Grenoble ce vendredi, le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a salué la montée en puissance de la prime à la conversion, avec 25 000 bénéficiaires sur les 3 premiers mois de sa mise en place. Une campagne d’information va être lancée dans les prochaines semaines pour informer davantage le grand public sur ce dispositif.

La particularité de cette nouvelle prime la conversion est d’être aussi bien valable sur le neuf que sur l’occasion. "C’est pragmatique, ce qui est très bien", nous résume Guillaume Paoli, l’un des deux fondateurs d’Aramis Auto. Contrairement à un dispositif du même nom lancé par Ségolène Royal, cette version 2018 de la prime à la conversion se veut beaucoup plus large: la part des véhicules éligibles est bien plus importante et ses bénéficiaires potentiels beaucoup plus nombreux.

Valable pour l'achat de voitures d'occasion

La prime s’échelonne en effet de 1000 euros, pour les ménages imposables, à 2000 euros, pour les ménages non imposables. Pour l’achat d’un véhicule électrique, la prime grimpe à 2500 euros, cette fois sans condition de revenus. La prime concerne aussi l’achat de deux-roues et les véhicules en location longue durée.

"Les automobilistes sont relativement surpris, car traditionnellement les primes étaient réservées à l’achat de voitures neuves, donc toujours gérées par des professionnels, poursuit Romain Stutzmann, fondateur de la start-up Depopass. Maintenant que les primes sont aussi valables sur l’occasion, pour des véhicules estampillées Crit’Air 0 à 2 [les voitures électriques, les versions essence immatriculés à partir de 2006 et les diesel immatriculés à partir de 2011, ndlr], les possibilités sont beaucoup plus larges. 2.000 euros de réduction sur une Renault Clio vendue 6.000 euros, c’est intéressant".

La société de ventes de voitures neuves et d’occasion Aramis Auto note ainsi que plus des deux tiers de ses acheteurs qui ont bénéficié de la prime ont touché 2000 euros sur l’achat de leur voiture. En échange, ce sont surtout des voitures de plus de 15 ans qui ont été reprises, souvent avec plus de 200.000 kilomètres au compteur. 83% des demandes de reprise concernent des diesel, chez Aramis, mais 52% des achats de véhicules plus récents sont aussi sur des diesels.

Un besoin de communication

Tous les futurs acheteurs de véhicules ne sont cependant pas encore forcément au courant de l’existence de cette nouvelle prime à la casse. "Quand ils achètent un véhicule, nous prévenons les clients qu’ils sont éligibles à la prime, explique Romain Stutzmann. Nous leur indiquons également quels documents fournir pour le dossier final de demande qu’ils devront déposer".

Autre bémol dans le dispositif: les fonds qui permettent de payer les primes ne sont pas forcément abondés. Le Conseil National des Professionnels de l’Automobile (CNPA) s’inquiète ainsi du budget alloué pour le fonds destiné aux professionnels qui avancent la prime à leurs clients. Les vendeurs ne seraient actuellement pas remboursés, contrairement aux particuliers, qui pourraient toucher dans un délai de deux mois le montant de la prime, s’ils font eux-mêmes les démarches. Le CNPA s’interroge ainsi sur la possibilité de financer 100.000 primes cette année, l’objectif que s’était fixé le ministre de la Transition énergétique Nicolas Hulot.

Pauline Ducamp