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Fin d'Autolib': que deviennent les voitures et les stations?

Autolib' prendra fin ce mardi soir après sept ans de fonctionnement. Réponse aux questions que vous vous posez encore sur l'arrêt du service francilien d'autopartage.

A 23h59 ce mardi, Autolib' sera définitivement débranché. Le service d'autopartage s'arrête après la décision du Syndicat Autolib' Vélib' Métropole de résilier son contrat avec la société Bolloré qui exploitait le service. D'autres services doivent progressivement être mis en place dans les prochains mois. Trois questions pour y voir un peu plus clair:

>Quel se passe-t-il pour les abonnés?

Il reste aux usagers quelques heures pour utiliser le service. Les abonnés mensualisés ne seront plus prélevés, ceux qui ont choisi de payer la totalité de leur abonnement annuel seront remboursés au prorata des mois restants. Pour ces utilisateurs réguliers, il faudra trouver des alternatives, quitte à se reporter sur les transports en commun.

"Ceux qui sont dans Paris et qui faisaient des trajets Paris-Paris, ceux-là ont pléthore d'offres et ils pourront continuer à se déplacer", explique Ludovic Bu, consultant en mobilité.

Par ailleurs, la fin d'Autolib' ne signe pas l'arrêt de l'autopartage dans la capitale. Dans les semaines qui viennent Renault doit lancer une offre d'autopartage, PSA s'est également positionné d'ici la fin de l'année.

Mais pour ceux qui utilisaient Autolib' pour faire des trajets banlieue-banlieue, ce sera par contre plus compliqué. "Il n'y aura pas forcément d'offre équivalente en bus ou en métro. Ils seront amenés soit à reprendre une voiture, soit à utiliser un service de VTC", poursuit Ludovic Bu. 

>Que deviennent les places Autolib'? 

En tout, Autolib' disposait de quelque 6.000 places dont 3.244 à Paris. Leur utilisation future va désormais dépendre des communes.

Elles décideront "si elles gardent les stations pour les voitures électriques, si elles les réservent à de nouveaux services ou si finalement elles démontent les stations et elles les retransforment en places de parking", précise Ludovic Bu. 

A Paris, tous les automobilistes circulant en voiture électrique vont pouvoir s'y garer gratuitement. Les autres encourent une amende de 35 euros et l'enlèvement du véhicule. En ce qui concerne l'utilisation des bornes électriques, la capitale se donne jusqu'à début 2019 pour les réutiliser. 

"Dans l'optique de développer le véhicule électrique en France, on a absolument besoin de stations. L'investissement a été fait, ce serait dommage de le défaire", juge l'expert en mobilité. 

>Quel avenir pour les Bluecar?

Les 4.000 Bluecar de Bolloré restent la propriété du groupe. "Une partie sont dans un tel état que de toutes façons, elles partiront à la casse. Une partie sera probablement revendue soit à des groupes qui avaient déjà des flottes de véhicules électriques soit à des collectivités", précise Ludovic Bu. 

Dans une interview au JDD, Marie Bolloré, la directrice de la filière mobilité du groupe a fait savoir que seuls 500 véhicules seraient redistribués dans d'autres villes, comme Lyon par exemple.

Quant à la possibilité pour des particuliers de s'offrir une Bluecar, le groupe explique ne pas pouvoir répondre à cette demande "tant qu'on ne sait pas ce que la mairie va faire des bornes et donc où les véhicules pourront être rechargés". 

Carole Blanchard avec Florian Chevallay