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Voici la Citroën qui pourrait remplacer Autolib'

Alors que l'avenir d'Autolib' est incertain, PSA se dit prêt à déployer à Paris sa Citroën C-Zéro. Cette voiture électrique en autopartage est déjà en service à Madrid et Lisbonne.

La bataille pour le remplacement d'Autolib' semble bel et bien lancée. Lundi, la maire de Paris a reçu à l'Hôtel de ville les constructeurs et professionnels de l'autopartage en vue de développer ces alternatives à la voiture personnelle.

Parmi eux, PSA semble déjà déterminé à s'installer dans la capitale avec sa Citroën C-Zéro, une citadine électrique dotée de 5 portes. PSA veut la proposer en free-floating, c'est-à-dire en libre-service sans stationnement en borne, à la différence d'Autolib'. Dans ce domaine, le constructeur a déjà de l'expérience à l'étranger. 

"On opère déjà à Madrid avec 600 voitures, à Lisbonne avec 150 voitures électriques. Donc on connaît le fonctionnement, on sait l'opérer. Et Paris, c'est viable si toutefois on a une bonne gestion des parkings", explique Brigitte Courtehoux, directrice de la mobilité et de la connectivité chez PSA. 

Jusqu'à 1.500 C-Zéro à Paris

Actuellement, l'atout d'Autolib' est son vaste réseau de 4.000 véhicules et 6.200 places en stations. Pour s'imposer, PSA sait qu'il lui faudra déployer un nombre suffisant de voitures au plus près des utilisateurs. Pour démarrer à Paris, le constructeur pourrait mettre en place entre 1.000 et 1.500 C-Zéro, pour un coût de 24 centimes d'euros la minute d'utilisation.

"En général, un client la prend entre 15 et 20 minutes. Il faut à peu près que la voiture soit à 300 ou 500 mètres, pas plus, du client", estime Brigitte Courtehoux. 

Son mode de fonctionnement reste ensuite assez simple, après inscription, les voitures sont accessibles et déverrouillées grâce à son smartphone. Reste que les Citroën électriques devront faire face aux mêmes problèmes d'incivilités, dégradations et maintenance qu'Autolib'. PSA estime malgré tout avoir une réponse adaptée.

"On a des opérateurs qui tournent, qui récupèrent les voitures quand elles sont déchargées, qui les rechargent et qui les ramènent. C'est le moment justement d'opérer sur la voiture, de la nettoyer, de réparer les bobos quand il y en a", ajoute Brigitte Courtehoux. 

Les constructeurs intéressés par Paris

PSA se dit confiant et estime pouvoir être prêt en quelques mois. Le constructeur n'est toutefois pas seul en lice. A l'issue de la réunion à l'Hôtel de ville lundi, la mairie de Paris a fait savoir dans un communiqué que les constructeurs pourraient seraient en capacité de déployer jusqu'à "20.000 véhicules en autopartage intra-muros et en petite couronne", ce qui permettrait d'éviter "au moins 120.000 véhicules personnels". 

L'avantage pour la ville de Paris de s'appuyer sur ces constructeurs est le financement de ces services, uniquement portés par des fonds privés. C'est justement le point noir d'Autolib', qui s'est révélé être un gouffre financier et qui souffre d'un déficit abyssal. Le groupe Bolloré, qui exploite les Autolib' réclame à Paris et aux communes concernées 40 millions d'euros par an jusqu'à la fin du contrat en 2023. Une somme jugée "abracadabrantesque" par Anne Hidalgo qui étudie les alternatives, avant même la fin du contrat. 

C. B avec Simon Azélie, Alexandre Chauveau