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Essai – Volvo V90 Cross Country, un break surélevé pour contrer les SUV

Le Volvo V90 Cross Country, un break capable de sortir des sentiers battus comme un SUV.

Le Volvo V90 Cross Country, un break capable de sortir des sentiers battus comme un SUV. - JB

Dans une Gaule envahie par les SUV, le break fait de la résistance. Parmi les alternatives séduisantes, Volvo a décliné son V90 en version Cross Country avec des capacités offroad et une position de conduite plus haute, tout en conservant un niveau de confort premium.

Le SUV séduit de plus en plus... et ce n'est pas prêt de s'arrêter. La position de conduite haute et le sentiment de protection reviennent souvent comme les deux principales raisons du succès de ce type de véhicules. Volvo le sait bien avec ses XC (du dernier compact XC40, aux actuels XC60 et XC90), devenus en quelque temps des références.

Mais la marque suédoise, propriété du chinois Geely, croit encore aux vertus du break. Alors pourquoi ne pas marier le meilleur des deux mondes? Ce mariage se nomme le V90 Cross Country. Surélevé et doté d'une transmission intégrale, il promet d'un confort de conduite sur les longs trajets et la possibilité de sortir des sentiers battus. Test en condition caillouteuse sur les petits chemins du Jura. 

Si sur route le confort est au niveau du premium, la conduite sur piste non-goudronnée reste accessible à tous  avec cette version Cross Country.
Si sur route le confort est au niveau du premium, la conduite sur piste non-goudronnée reste accessible à tous avec cette version Cross Country. © JB

Mais pourquoi le V90 Cross Country?

Passé de Ford au chinois Geely en 2010, Volvo a depuis entamé sa mue. Fini le fabricant de breaks indestructibles à l'esthétique austère! La marque suédoise vise désormais une clientèle plus premium, avec un argumentaire sécurité bien rodé. La marque suédoise s'est ainsi donné un objectif zéro mort en 2020. A plus long terme, Volvo souhaite aussi protéger la planète, et ne proposera ces nouveaux modèles dès 2019 qu'en version hybride (au minimum).

Conformément à cette stratégie, le break V90 de seconde génération lancé en 2016 n'a plus grand chose à voir avec le premier du nom, produit entre 1996 et 1998, juste avant le rachat par Ford en 1999. C'est à l'époque le remplaçant du Volvo 960 break du début des années 90. Début 2017, le gamme V90 s'est enrichi d'une version baroudeuse dite "Cross Country". Une appellation qu'on retrouvait furtivement en 1997 sur la version équipée de la transmission intégrale du break V70.. Volvo voulait alors concurrencer le break baroudeur Subaru Outback. Réhaussée et avec des protections de carrosserie supplémentaires, le V90 Cross Country remplace dans la gamme Volvo XC70 commercialisé entre 2007 et 2016.

Pour jouer la carte premium, Volvo a retravaillé sa signature lumineuse. Elle représente le marteau du dieu viking Thor, selon le story-telling du constructeur.
Pour jouer la carte premium, Volvo a retravaillé sa signature lumineuse. Elle représente le marteau du dieu viking Thor, selon le story-telling du constructeur. © JB

Derrière le volant

Côté design, on retrouve les codes des derniers modèles Volvo comme la calandre barrée du logo Volvo la signature lumineuse en forme de marteau de Thor et, bien sûr, toujours ces feux remontant le long du coffre. On reste dans la sobriété, tout en rivalisant clairement avec les breaks allemands côté finition. Cette version Cross Country diffère d'un modèle classique avec une garde au sol un peu plus élevée (+6,5 cm) pour culminer à 21 cm. Les protections de carrosserie supplémentaires lui donnent son caractère baroudeur même si on ne se risquera pas non plus dans les chemins les plus aventureux, du fait notamment de l'absence de protection des soubassements du véhicule. 

Long de 4,94 mètres, le V90 Cross Country en impose tout en restant maniable en ville. Rapporté à ce gabarit, le seul petit bémol concerne la capacité du coffre, à 560 litres seulement, cela peut décevoir les personnes recherchant justement une capacité de chargement plus importante. A titre de comparaison, la Mercedes Classe E break All-Terrain culmine à 640 litres. 

Sous le capot de notre V90 Cross Country, on retrouve le moteur D4, un diesel 4 cylindres de 2 litres offrant 190 chevaux et 400Nm de couple. Il se montre à la fois efficace et silencieux, des points forts en particulier sur les longs trajets. La boite automatique 8 vitesses renforce le confort de conduite. L'accent a clairement été mis sur cet aspect et on pourra ainsi reprocher un manque de puissance, même en mode Dynamic. 

Cela correspond toutefois à la philosophie de ce break surélevé, qui invite à une conduite sereine avec un effet "cocon de confort" à l'intérieur. Le choix des matériaux, avec en particulier du cuir qui recouvre entièrement la planche de bord. Les sièges chauffants, ventilés et massants à l'avant se révèlent également particulièrement confortables. A l'arrière, les passagers profitent d'un espace important et de leur propre écran pour régler la climatisation.

Hauteur de caisse surélevée, protections apparentes, cette version Cross Country permet de prendre des chemins un peu détournés
Hauteur de caisse surélevée, protections apparentes, cette version Cross Country permet de prendre des chemins un peu détournés © JB

Avec un prix de notre version d'essai à plus de 77.000 euros (voir LE chiffre), ce V90 Cross Country coche toutes les cases du premium en termes de prestations proposées. Et en bonus, notre baroudeur est également un bon geek. Côté équipements technologiques, il offre un joli combiné d'écrans, derrière le volant. Le GPS s'affiche par exemple entre les compteurs et un grand écran 12 pouces est positionné à la verticale au centre de la planche de bord. Un petit temps d'adaptation est nécessaire, mais l'ergonomie s'impose comme une réussite, avec par exemple des commandes de climatisation numériques qui apparaissent également toujours à l'écran. Un bouton physique permet de revenir toujours rapidement à l'écran principal.

La compatibilité avec Android Auto et Apple Carplay permet en outre une bonne interaction avec les smartphones. Le tout est complété par un affichage tête haute qui permet au conducteur de ne pas détourner ses yeux de la route et d'avoir bien en tête les limitations de vitesse.

Côté aide à la conduite, les différentes caméras permettent une couverture complète de l'environnement autour du véhicule, simplifiant grandement les manœuvres comme le stationnement. Il est d'ailleurs possible de se concentrer uniquement sur un angle de vue, pour par exemple bien percevoir l'écart avec le trottoir, ou le véhicule situé devant ou derrière soi. Volvo propose également son assistant de conduite "Pro Pilot", qui couple le régulateur de vitesse au suivi des lignes de la route pour offrir un mode de conduite semi-autonome. Le résultat s'est toutefois montré un peu en-dessous de ce que proposent par exemple Mercedes ou Tesla. Notre break s'est en effet montré hésitant par moment. On gardera donc bien ses mains sur le volant, tant mieux car cela reste pour le moment obligatoire même avec les systèmes les plus aboutis.

La vue de haut du véhicule permet aussi de se focaliser sur un seul angle de caméra.
La vue de haut du véhicule permet aussi de se focaliser sur un seul angle de caméra. © jb

"LE" truc en plus: si vous avez chaud, dites-le à votre voiture!

On gardera d'autant plus les mains sur le volant que la reconnaissance vocale se montre particulièrement efficace. Pas de raison donc de prendre votre téléphone en main puisque votre Volvo vous lira plutôt correctement le sms fraîchement reçu et pourra parfaitement envoyer une réponse dictée par vos soins. Rien d'exceptionnel sur un véhicule moderne et récent, mais certaines commandes vont un peu plus loin. Il est par exemple possible de simplement dire à votre voiture que vous avez chaud, pour qu'elle diminue la température intérieure, ce qui se révèle pratique à l'utilisation.

De quoi également participer à la sécurité à bord en facilitant les interactions entre le conducteur et son véhicule. Sur ce point, une particularité peut d'ailleurs surprendre au début: si le conducteur n'a pas bouclé sa ceinture, il n'est pas possible de faire avancer le véhicule. De quoi arrêter la mauvaise habitude de s'harnacher après être parti (et au moins on s'évite le concert de bips agaçants qui survient désormais dans ce cas précis!).

"LE" chiffre: 5.000

C'est la différence de prix en euros avec la version classique du break V90, ce dernier démarrant à 50.050 euros (avec le moteur D4 et la boite automatique 8 vitesses) contre 55.050 euros pour le Cross Country (même configuration moteur), avec des prix mis à jour en ce début 2018. En finition "Luxe" avec de nombreux détails design et équipements de série (jantes 19 pouces, double sortie d'échappement rectangulaire chromée, sièges avant chauffants), la facture grimpe à 66.760 euros

Pour notre modèle d'essai, l'addition totale est estimée à 77.420 euros. Il faut en effet ajouter 1.500 euros pour notre "gris Osmium métallisé", 2.100 euros pour un pack Hiver, 1.680 euros pour la planche de bord en cuir, 3.400 euros pour le système son Bowers & Wilkins et 1.980 euros pour les suspensions pneumatiques.

Enfin, il faut noter que cette motorisation D4 n'échappe pas au malus avec 138 g/km de CO2, il faut compter 860 euros en supplément, soit 507 euros de plus que l'an dernier.

Une offre multimédia très complète avec un combiné d'écrans (un derrière le volant et un grand format au centre) complété par l'affichage tête haute.
Une offre multimédia très complète avec un combiné d'écrans (un derrière le volant et un grand format au centre) complété par l'affichage tête haute. © Volvo

Notre modèle d'essai - Volvo V90 Cross Country D4 (diesel 4 cylindres en ligne de 2 litres de 190 chevaux) associé à la boite automatique 8 vitesses Geartronic

Julien Bonnet